
L’âge avançant, la perte d’autonomie, le besoin de soins médicaux constants, l’isolement, l’insécurité et parfois quand la charge devient trop lourde au quotidien pour la famille, la solution se trouve alors dans l’entrée en EHPAD.
La première préoccupation, c’est de trouver un hébergement. En France, le secteur traverse une crise structurelle majeure. La majorité des établissements tournent à guichet fermé. Trouver une place près de chez soi relève souvent du parcours du combattant, avec des attentes de plusieurs mois. Les familles doivent parfois éloigner leur proche de 30 à 50 km de son environnement habituel faute de disponibilité locale.
En France, actuellement il y a entre 600.000 places en EHPAD. 1,3 à 1,5 million de personnes âgées souffrent d’une perte d’autonomie. Environ 40 % de ces personnes dépendantes sont accueillies en établissement, tandis que 60 % continuent de vivre à domicile avec des aides. Suivant les régions il y a en France 90 places pour 10000 habitants. La Drees, du ministère de la santé, estime qu'il faudrait créer plus de 100 000 places supplémentaires d'ici 2030 pour absorber la dépendance.
La deuxième préoccupation, c’est la contrainte financière qui déterminera le choix de la maison de retraite. Les EHPAD publics sont les plus sollicités. Face à la hausse de la dépendance et au manque de places publiques, depuis la fin des années 1980 le secteur privé s'est véritablement développé en France. La défaillance de l’État et des départements, a fait la part belle au secteur privé.
La générosité étant la pitié des âmes nobles, n’allez pas imaginer que ce sont les financiers qui allaient venir au secours de nos cheveux blancs par bonté d’âme ! La financiarisation de la dépendance en secteur privé devient de « L’OR GRIS » pour eux.
Générer des bénéfices pour attribuer des dividendes aux investisseurs et actionnaires du groupe est le véritable but. La recherche de rentabilité s'appuie sur la rationalisation des coûts de fonctionnement. Les EHPAD privés sont soumis à une exigence poussée à l’extrême. Ce qui compte c’est le profit escompté. On rogne sur tout.
Des rapports ont mis en lumière un système de maltraitance institutionnelle axé sur la maximisation des profits (rationnement des produits alimentaires et d’l’hygiène. Des situations de négligence grave involontaires créées par des équipes soignantes épuisées et en sous-effectif.)
Nous avons une dette sociale envers nos anciens. L’installation dans une maison de retraite, c’est déjà pour eux une sociabilité contrainte. Ils s’y trouveront déracinés de leur monde familier. Il serait légitime qu’après une vie de labeur, qu’ils puissent bénéficier dans ces maisons de retraite d’une considération quotidienne, d’un maintien du lien social, de soins adaptés pour leur garantir une fin de vie digne et épanouie.
Louis Michel
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