
On peut être premier secrétaire du Parti socialiste, expliquer que la gauche est devenue trop minoritaire, que le clivage gauche-droite est désormais « obsolète », citer Jaurès, le Front populaire et le Conseil national de la Résistance… puis conclure que l’avenir se trouve du côté de Dominique e Villepin. Il est vrai que la période est compliquée.
Les communistes aussi veulent empêcher le Rassemblement national d’arriver au pouvoir. Les communistes aussi pensent qu’il faut rassembler largement. Mais il y a une nuance de taille.
Pour nous, le rassemblement n’a de sens que s’il sert un projet de gauche : des services publics renforcés, des salaires dignes, une réindustrialisation du pays, une planification écologique, une République sociale.
Parce que les clivages n’ont pas disparu. Ils s’appellent aujourd’hui hôpital, école, retraites, industrie, transports publics ou encore pouvoir d’achat.
Finalement, ce ne sont peut-être pas les clivages qui sont devenus obsolètes. C’est surtout l’idée qu’on pourrait les dépasser sans choisir de quel côté on se place.
JEAN PIRE
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