IL FAUT DES MOYENS PUBLICS À LA HAUTEUR

IL FAUT DES MOYENS PUBLICS À LA HAUTEUR

4 août 2026
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Incendies

Les flammes ont ravagé la forêt de Fontainebleau il y a quelques semaines. Un incendie d’une ampleur exceptionnelle y a parcouru plus de 1 000 hectares et mobilisé plusieurs centaines de sapeurs-pompiers. Ce qui paraissait encore inimaginable dans une forêt située aux portes de Paris est devenu une réalité.

Aujourd’hui, la Gironde, les Landes et le Var affrontent à leur tour des feux gigantesques, qui ont détruit des dizaines de milliers d’hectares et nécessité d’engagement de milliers de pompiers ainsi que de moyens venus de plusieurs pays européens. Nos gouvernants ne peuvent pas faire mine de s’émouvoir devant l’ampleur de la catastrophe tout en affaiblissant, le reste du temps, les moyens permettant de la prévenir et de la combattre.

Des économies lourdes de conséquences

En février 2024, le gouvernement a annulé 52,8 millions d’euros de crédits du programme consacré à la Sécurité civile. Cette décision a conduit l’État à renoncer à la commande de deux Canadair supplémentaires. Dans le même temps, la flotte française vieillit et sa disponibilité est fragilisée par les besoins de maintenance.

Au début de la catastrophe actuelle, seuls sept des douze Canadair français étaient opérationnels. Ces choix budgétaires ne sont pas sans conséquence. Ils déterminent le nombre d’avions capables de décoller, les délais d’intervention et la capacité à stopper un incendie avant qu’il ne devienne incontrôlable. Lorsqu’une catastrophe éclate, il est trop tard pour acheter un avion ou recruter des pompiers. Renoncer à renforcer les moyens alors que les risques augmentent constitue une faute politique.

Dans l’Aube, un modèle à préserver

La question se pose aussi dans notre département. Le SDIS de l’Aube a poursuivi ses investissements en 2024 et compte 160 sapeurs-pompiers professionnels, 885 volontaires et 27 centres d’incendie et de secours. Il serait injuste d’ignorer ce travail. Mais ces chiffres révèlent aussi une forte dépendance au volontariat : plus de huit pompiers sur dix sont volontaires. Le « modèle aubois » constitue une richesse, mais il repose sur la disponibilité de femmes et d’hommes qui exercent parallèlement un autre métier.

Autre difficulté : près des trois quarts des interventions concernent le secours à la personne. Les carences du système de santé mobilisent les pompiers, qui compensent souvent les difficultés rencontrées par d’autres services publics.

La Forêt d’Orient, un enjeu majeur

L’Aube n’est pas la Gironde, mais croire notre département à l’abri serait une erreur. Les incendies de Fontainebleau démontrent que des massifs du nord de la France peuvent désormais être touchés.

La Forêt d’Orient représente l’un des principaux réservoirs de biodiversité de notre département et accueille chaque année des milliers de visiteurs. Le SDIS a déjà engagé des formations spécifiques aux feux de forêt, signe que le risque évolue. Nous avons encore le temps de nous préparer. Ce temps doit être utilisé pour renforcer la prévention, protéger nos espaces naturels et donner aux pompiers les moyens d’intervenir efficacement. Depuis le 22 juillet, ce sont 48 sapeurs-pompiers du SDIS 10 qui sont partis en renfort en Gironde et dans le sud, avec plusieurs Fourgons Pompe Tonne, Feux de forêt et véhicule de soutien sanitaire.

Prévenir plutôt que réparer

L’urgence climatique ne sera pas surmontée par les seules démarches individuelles, même si celles-ci restent nécessaires. Elle oblige à transformer notre modèle économique et à redonner à l’État les moyens de planifier, d’anticiper et d’investir.

C’est l’analyse que porte notre Parti dans son Plan climat Empreinte 2050. Nous ne prétendons pas détenir toutes les réponses. Mais nous sommes convaincus qu’une véritable politique écologique nécessite des services publics solides, une politique forestière ambitieuse, des moyens renforcés pour les pompiers et une planification capable de préparer chaque territoire aux conséquences de l’urgence climatique. Parce qu’il n’y aura pas de Jours heureux dans une France à +4 °C, il est temps d’agir.

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