
Nous avons toujours eu l’espoir d’une vision optimiste que l’homme soit libéré, par la machine, des tâches pénibles et abrutissantes. C’était sans compter que le capitalisme, qui utilisa jusqu’alors la force physique de l’homme, utilisa les avantages de la machine, pour continuer sa course aux profits.
La mécanisation décupla la force humaine, réduisit les coûts de production, augmenta la productivité, la machine devint alors pour l’humain, un outil d’exploitation. La machine n’a pas supprimé le travail, elle en a déplacé la nature. Au lieu de libérer du temps pour la vie familiale, les loisirs, ce temps qui aurait pu « être libre » a été réinvesti dans la production toujours plus intense, pour créer de nouveaux besoins de consommation. Mais cela ne lui suffit pas. Historiquement, le capitalisme a toujours utilisé l’innovation technique pour son profit. L’IA pour lui, vient à point nommé. Elle va être un accélérateur de profit, en automatisant les tâches complexes de recherche d’analyse, de gestion et va permettre au capital de se libérer des contraintes liées au travail humain.
Le capitalisme ne connaît pas la ligne de partage entre le bien et le mal, il ne va pas se gêner d’avoir recours à l’IA et à ses algorithmes pour faire les sales besognes. Comme il est sans scrupule, il va pouvoir utiliser l’IA pour la discrimination à l’embauche, la surveillance, et le licenciement. Ainsi le milliardaire Mark Zuckerberg, géant du Web (Facebook, Instagram, WhatsApp, etc.) est accusé d’avoir sélectionné 8000 salariés via l’IA, pour les licencier. Par un processus des plus discriminants, l’IA aurait ciblé en particulier la performance et la productivité des salariés, leurs absences pour raisons familiales, pire encore, ceux qui auraient demandé un aménagement lié à un handicap.
Dans les entreprises françaises, les lettres de motivations sont déjà vérifiées par l’IA et non plus par un DRH. Un DRH va réagir émotionnellement, va percevoir la subtilité. Avec l’IA, combien de lettres de motivations iront au panier ? Vont-ils s’arrêter là ? L’IA peut être un outil formidablement utile pour des domaines comme la santé, l’éducation, la recherche. Elle libère des tâches répétitives, elle détecte des anomalies microscopiques sur les IRM, elle vulgarise le savoir, elle aide au diagnostic médical, à la recherche scientifique et dans combien d’autres secteurs utiles à l’humain. Pour le capitalisme, la recherche du profit prend mécaniquement le dessus sur le facteur humain.
L’accumulation de capital et la recherche de rentabilité passe avant la quête du bonheur pour l’Homme. Le capitalisme a déjà compris tout l’intérêt qu’il pouvait attendre de l’exploitation de l’IA.
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