
Les Transports publics
Les transports publics sont un enjeu essentiel : se déplacer pour travailler, étudier, se soigner ou accéder aux services publics ne devrait jamais être un obstacle. Pourtant, dans l’Aube, trop d’habitantes et d’habitants sont confrontés à une offre insuffisante voire inexistante, à des déssertes inadaptées ou à des conditions de transport dégradées. Face à ces difficultés, il est urgent de faire des mobilités une véritable priorité politique.
Des transports du quotidien à développer
Dans les agglomérations comme dans les territoires ruraux, les besoins sont importants. À Troyes, la liste d’union de la gauche menée par Charline Briot, avait porté lors des dernières élections municipales des propositions ambitieuses pour renforcer le réseau de bus : augmentation des fréquences, meilleure desserte des quartiers, horaires élargis et mise en oeuvre de la gratuité des transports publics. Parce que la mobilité est un droit et qu’elle ne doit pas dépendre des revenus ou de la possession d’un véhicule.
À Romilly-sur-Seine, deuxième ville du département, la situation est encore plus préoccupante. Près de 15 000 habitantes et habitants vivent aujourd’hui sans réseau de transports urbains. Une telle situation n’est plus acceptable. Les Romillonnes et Romillons doivent pouvoir disposer de solutions de déplacement adaptées à leur quotidien. La liste de gauche aux dernières municipales menée par Fethi Cheikh avait d’ailleurs porté un projet de mise en place d’un transport public à la demande, proposition déjà mise en avant lors du précédent mandat par les élus de gauche sortants.
Une ligne Paris-Troyes à la hauteur des attentes
L’électrification de la ligne Paris-Troyes constitue une avancée majeure pour notre département(1). Ce chantier, parmi les plus importants engagés aujourd’hui en France, permettra de moderniser l’infrastructure, d’améliorer sa fiabilité et de réduire son impact environnemental. Mais cette modernisation ne peut masquer la réalité vécue chaque jour par les usagères et les usagers. Retards à répétition, suppressions de trains, correspondances manquées, matériel vieillissant et manque d’information rendent les déplacements particulièrement difficiles.
Si les travaux expliquent une partie des perturbations actuelles, les dysfonctionnements sont bien antérieurs. Depuis trop longtemps, les voyageuses et voyageurs de la ligne Paris-Troyes subissent un service qui ne répond plus à leurs besoins.
Redonner toute sa place au service public
Cette situation résulte aussi de choix politiques. Le PCF et ses élus se sont opposés à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire et à la remise en cause du modèle intégré de la SNCF. La logique de libéralisation a progressivement affaibli le service public ferroviaire en privilégiant des critères de rentabilité au détriment de l’intérêt général. Les difficultés rencontrées aujourd’hui par les usagères et les usagers en sont une illustration.
Il est temps de changer de cap. Cela passe par des investissements massifs dans les infrastructures, le recrutement des personnels nécessaires, le renforcement de la SNCF comme entreprise publique intégrée et le développement des transports collectifs dans tout le département.
Des bus urbains aux lignes ferroviaires, les transports publics doivent redevenir une priorité. Ils sont indispensables pour garantir l’égalité entre les territoires et répondre aux besoins des habitantes et des habitants.
Les transports, un enjeu écologique majeur
Développer les transports publics est aussi une nécessité écologique. Il est indispensable d’offrir à des alternatives crédibles à la voiture pour se déplacer. Des bus plus fréquents, des trains plus fiables, des dessertes mieux réparties sur l’ensemble du territoire sont des leviers indispensables pour réussir la transition écologique. Celle-ci ne pourra être acceptée que si elle s’accompagne d’un renforcement du service public et d’une amélioration concrète du quotidien des habitantes et des habitants.
Opposer écologie et justice sociale est une impasse ; au contraire, investir dans les transports collectifs permet à la fois de préserver la planète, de désenclaver les territoires ruraux et de garantir à toutes et tous le droit de se déplacer.
(1) Initiée par la Région Champagne-Ardenne entre 2004 et 2010, avec Pierre Mathieu (Présidence JP Bachy).
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY