
Au RN, on ratisse large pour avoir une base électorale la plus élargie possible. La difficulté c’est d’agréger des électeurs aux profils divers et aux préoccupations et aux intérêt différents. Avant, au temps de la lune de miel entre Marine Le Pen et Bardella, ce n’était déjà pas facile de proposer une offre politique cohérente. À présent, le tandem Le Pen Bardella apparemment harmonieux, pour la bonne cause, joue officiellement sur la même ligne politique, mais bon nombre de sujets sur lesquels ils expriment, font apparaître leurs divergences, sur le fond et sur la forme.
Entre Marine Le Pen, ancrée au populisme économique, et son poulain ayant comme point de mire, une recomposition des droites libérales, les lignes de fractures sont de plus en plus visibles. La condamnation de Marine Le Pen était pour Bardella une opportunité rêvée. Il ne se serait pas gêné pour couper le cordon ombilical avec Marine. En déclarant « Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro 1 lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République », si ce n’était pas une peau de banane lancée sous les pieds de Marine, ça en avait tout l’air ! Mais hélas les juges n’étant pas aussi « rouges » que le RN voulait le dire, depuis le 7 juillet, Marine Le Pen a repris du poil de la bête, Bardella relégué à être son ombre, doit avoir des aigreurs d’estomac.
Remuons les fantômes du passé, pour Marine Le Pen qui le 5 avril 2013, clamait sur tous les tons, que les politiques devaient être blancs comme neige pour se présenter à une élection. La cheffe du parti d’extrême droite se montrait implacable face au manque de probité et aux condamnations pour la classe politique, au point de demander… l’inégibilité à vie, pour la condamnation d’un élu.
En fustigeant les hommes politiques, elle n’hésitait pas alors, à déclarer « Moi ma veste est immaculée ! Ils auront beau s’agiter, ils n’arriveront pas à me salir, parce que j’ai une éthique, j’ai une morale et je m’y tiens. Et moi quand je réclame éthique et morale, je me l’applique à moi-même ». On pourrait lui rétorquer, qu’Il n’est de bon conseil que si on les applique pour soi-même.
Y a-t-il encore un programme au RN ? Certains continueront d’écouter le chant des sirènes, faute d’en comprendre les paroles ! Malgré ces différences, dans ce binôme de la discorde, le ciment idéologique de l’extrême droite reste là : le racisme, le rejet des immigrés, de la culture, des mesures sociales, la démocratie, etc. Ça fait froid dans le dos.
Louis Michel
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