
Édouard Philippe, ce vieux cheval de retour, se pose comme candidat à la présidentielle. Réélu confortablement maire du Havre, il se voit déjà installé dans le fauteuil de favori de la droite. Dans un scénario identique, en 2016, Juppé avait fait les frais de son indubitable intuition, il serait donc plus sage pour lui, d’être moins présomptueux.
À Paris, lors de son premier meeting de campagne, il a tenté d’effacer son ardoise de 3 ans à soutenir mordicus la politique de Macron. Le temps a beau adoucir les peines, on ne peut oublier qu’il fut le fer de lance de la néfaste politique macronienne. Il était un bon petit soldat de Macron, à tel point que le chef de l’État lui-même soulignait à l’époque le travail remarquable de son premier ministre. Quand on fait le bilan de la politique de Macron, c’est un aperçu de ce qui pourrait nous attendre. Avec lui il vaut mieux compter sur le pire, ainsi nous n’aurons aucune mauvaise surprise.
Dans son discours, l’ancien Premier ministre s’est évertué à rebadigeonner la même politique qu’il avait menée, se livrant à un discours sans accroc, en recyclant ses thèmes préférés et en ressassant son chapelet usé par ses sempiternelles idées surannées ; l’immigration choisie, l’ordre républicain, la méritocratie, la politique de l’offre, il assume aussi l’idée d’un allongement du temps de travail. Dans cet inventaire, l’écologie est portion congrue. Tendant la main au patronat, il a annoncé « Je ne taxerai pas davantage les entreprises qui payent déjà trop d'impôts ». La cerise sur le gâteau, c’est qu’il entend faire travailler plus et il a en point de mire de mettre la retraite à 67 ans. Par ailleurs, il veut baisser les dépenses sociales et mettre les retraités à contribution.
Il ne fut pas non plus avare de ses éternelles promesses, ça ne coûte rien de le dire. On peut compter sur lui pour ne pas en voir la queue d’une seule se réaliser. Croire en nous, c’est son slogan de campagne, est-il persuadé au moins, de croire à ce qu’il dit ?
Regardons par-dessus notre épaule, depuis des décennies, avec la droite, quelle qu’elle soit, c’est toujours le même cercle vicieux. La nouveauté, se trouve seulement dans les mots, c’est leur seul moyen d’exister et de durer. La liste est longue de candidats déclarés ou supposés. En l’absence d’un représentant naturellement légitime à droite, cela donne l’occasion à chacun de faire mûrir des ambitions personnelles.
L’idée d’un candidat unique semble mal partie, la primaire semble secondaire. Il faudra s’attendre à assister à la guerre des chefs et aux coups tordus. Ne nous faisons pas d’illusion, de toutes les façons si l’un d’entre eux était élu, pour la France, ce serait comme faire entrer un boiteux dans une salle de bal.
Louis Michel
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