LA GAUCHE DÉNONCE UNE MESURE « IMPROVISÉE » ET DEMANDE SON RETRAIT

LA GAUCHE DÉNONCE UNE MESURE « IMPROVISÉE » ET DEMANDE SON RETRAIT

9 juillet 2026

Vrai-faux couvre-feu à Troyes :

Le groupe de gauche du conseil municipal de Troyes monte au créneau contre l’arrêté pris par le maire François Baroin visant à interdire aux parents de laisser leurs enfants mineurs seuls dans le centre-ville entre 23 heures et 6 h 30. Présentée comme une mesure de « protection de l’enfance », cette disposition s’apparente, selon les élus de gauche, à un couvre-feu déguisé pour les mineurs non accompagnés.

Pour Charline Briot, cette décision soulève de nombreuses interrogations, tant sur la méthode que sur son efficacité. « Cette mesure est improvisée, incohérente, inefficace, juridiquement fragile et hors sol », estime l’élue, qui regrette l’absence totale de concertation avec les acteurs concernés.

Le groupe de gauche déplore également que le dispositif s’applique indistinctement à tous les mineurs. « On met dans la même catégorie un enfant de 12 ans et un adolescent de 17 ans », souligne Charline Briot. Les élus estiment qu’une véritable politique de prévention devrait tenir compte des réalités de terrain plutôt que de proposer une réponse uniforme. De plus, la majorité municipale n'a fourni aucune donnée chiffrée ni diagnostic territorialisé prouvant une hausse de la délinquance aux heures visées qui justifierait une telle mesure d'exception.

Ils dénoncent également un dispositif limité au seul centre-ville. « Si l’objectif est réellement de protéger les jeunes, pourquoi concentrer la mesure sur un seul secteur de la ville ? », interrogent-ils, voyant davantage « une opération d’éviction » qu’une véritable politique éducative.

Au-delà du principe, les élus mettent aussi en doute la faisabilité de l’arrêté. Ils estiment qu’une mesure difficilement applicable faute de moyens humains ne pourra pas produire les effets attendus. « Une mesure impossible à appliquer n’améliore pas la sécurité. Elle affaiblit la crédibilité de la parole publique », affirme Charline Briot.

Cet arrêté « de protection » vise à masquer le désengagement de la municipalité dans les politiques de jeunesse, d'éducation populaire et de médiation sociale.

François Baroin fait le choix de la communication sécuritaire plutôt que celui de la cohésion sociale.

Les élus proposent ainsi de renforcer les moyens consacrés à la prévention en développant le nombre de médiateurs, en élargissant les horaires d’ouverture des équipements sportifs et en apportant un soutien accru aux familles. Ils plaident également pour une approche globale de la sécurité, intégrant les enjeux sociaux mais aussi l’adaptation de la ville au changement climatique.

En attendant, le groupe de gauche demande le retrait pur et simple de l’arrêté municipal et apporte son soutien à la Ligue des droits de l’Homme de l’Aube, qui a déposé vendredi 26 juin un recours en référé devant le tribunal administratif, considérant qu’on ne peut pas assurer la sécurité des personnes en rognant leurs libertés et leurs droits. L’association considère que ce texte instaure, sans le nommer, un véritable couvre-feu pour les mineurs et souhaite obtenir sa suspension.

Le Parti communiste français estime que ce type de mesures essentiellement répressives ne permet pas de répondre durablement aux enjeux de sécurité. Il plaide pour une politique de prévention ambitieuse, reposant sur des services publics renforcés, davantage de moyens pour l’éducation, les éducateurs de rue, les associations et l’accompagnement des familles, afin d’apporter des réponses de fond aux difficultés rencontrées par une partie de la jeunesse.

 

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