

Avant les grandes conquêtes sociales de l’été 1936, le printemps prometteur du Front Populaire, l’actualité sociale et politique s’emballe. L’affrontement de classe fait rage et, comme en témoignent les colonnes de La Dépêche de l’Aube, le Front populaire engrange ses premiers succès.
La mobilisation contre le fascisme et pour les revendications ouvrières prend de l’ampleur et annonce les grandes conquêtes des semaines à venir. Les élections législatives constituent un premier test.
Au premier tour du 26 avril 1936, le Parti communiste présente quatre candidats dans l’Aube : Jean Flavien, Marcel Nicolas, Marcel Mathieu et André Pallice. Malgré une progression de leurs résultats, freinée notamment par la présence des candidats du parti local Le Rappel, aucun n’arrive en tête de la gauche. Tous appliquent néanmoins la discipline du Front populaire et se désistent en faveur des candidats les mieux placés.
Au second tour, les trois députés radicaux sortants ainsi que René Plard, député pupiste, sont réélus. La Dépêche de l’Aube accorde peu de place aux résultats locaux et préfère mettre en avant la dynamique nationale. Le 9 mai, son titre de Une proclame : « Triomphe du Front populaire – 72 communistes élus ! » avec pour sous-titre : « Dans l’Aube, la discipline du Front populaire assure la réélection des quatre députés sortants. »
Dans son éditorial, Jean Flavien souligne que le verdict des urnes doit être rapidement traduit en actes. Il conclut : « Comme seule l’action organisée et généralisée des grandes masses a compté jusqu’à maintenant, comme seule elle comptera demain, c’est à sa coordination que s’attachent les communistes. » Une analyse qui se révélera prémonitoire.
Les Troyens élisent un communiste à la mairie
Quelques jours plus tard, une élection municipale complémentaire offre au Parti communiste l’occasion de retrouver une représentation au conseil municipal de Troyes.
En mai 1935, la liste communiste conduite par Marius Navoizat s’était désistée pour permettre la victoire de la municipalité antifasciste dirigée par René Plard, regroupant socialistes, radicaux et amis du Rappel. Aucun élu communiste ne siégeait alors à l’hôtel de ville. L’élection complémentaire du 10 mai 1936 permet de corriger cette situation. Ouvrier et dirigeant régional du Parti communiste, Marius Navoizat est candidat pour le siège vacant. Il explique : « Nous considérons comme indispensable une représentation communiste au sein de l’assemblée communale où nous avons notre mot à dire sur de nombreux points. »
Arrivé en tête au premier tour malgré une forte abstention, il l’emporte largement au second. Le 27 mai, La Dépêche de l’Aube titre sur sept colonnes : « Nouvelle victoire du Front populaire – Navoizat est élu conseiller municipal de Troyes. » Avec 4 604 voix contre 2 259 à son adversaire Gaumet, il devient le premier élu communiste de cette municipalité de Front populaire et entend exercer son mandat sous le contrôle de la population.
Concomitamment, les luttes se développent dans les entreprises.
À suivre...
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