

Il y a 90 ans, La Dépêche de l’Aube existait déjà depuis seize ans. Quotidienne jusqu’au 12 mars 1933, elle reparaît sous forme hebdomadaire le 3 février 1934. Le 1er avril suivant débute une nouvelle série sous le titre La Dépêche de l’Aube et de la Haute-Marne – Organe hebdomadaire de la région du Parti communiste. À partir du 29 février 1936, le journal revendique même « le plus fort tirage des hebdomadaires de la région ».
Son audience s’étend alors à l’Aube et à la Haute-Marne. Cette implantation correspond à l’organisation du Parti communiste de l’époque, structurée non pas selon les départements administratifs mais autour de grandes régions économiques et industrielles regroupant plusieurs rayons et cellules.
Il y a 90 ans, le Front populaire est en pleine dynamique. Dans un contexte de crise économique et sociale profonde, de montée des fascismes en Europe et de développement des ligues d’extrême droite en France, l’année 1936 marque un tournant. Les victoires électorales du printemps sont suivies d’un vaste mouvement de grèves avec occupations d’usines et de conquêtes sociales dont nous bénéficions encore aujourd’hui.
Au fil des semaines, La Dépêche de l’Aube et de la Haute-Marne rend compte de ces événements. Le journal informe, prend position, appelle à l’action et accompagne les mobilisations populaires.
À travers une série de courts articles, nous vous proposons de redécouvrir l’expression de votre journal durant cet été 1936 qui a profondément marqué l’histoire sociale et politique de notre pays.
La Dépêche, témoin et acteur de son temps
Publié chaque samedi, le journal est vendu en kiosque et à la criée. Son impression est assurée par l’Imprimerie coopérative, située 34 quai Dampierre à Troyes. Le numéro coûte 30 centimes et l’abonnement annuel 15 francs.
De grand format, il compte quatre pages, dont près d’une page et demie consacrée à l’actualité haut-marnaise. Parmi ses principaux rédacteurs figurent plusieurs responsables politiques et syndicaux de l’époque. On y retrouve notamment Marcel Mathieu, qui assure également les fonctions de gérant à partir du 22 février 1936, Adrien Gennevoix, secrétaire de l’Union locale de la CGT, Marius Navoizat, dirigeant communiste élu au conseil municipal de Troyes lors de l’élection complémentaire du 17 mai 1936, ainsi que Jean Flavien, animateur de la « Tribune paysanne ». Pierre Parigaux et Marcel Noël signent également des articles.
Une rubrique régulière, intitulée « La Voix des usines », donne la parole à des correspondants ouvriers. Leurs témoignages apportent de précieuses informations sur la vie des entreprises, les luttes menées et les résultats obtenus dans l’effervescence sociale de l’époque.
À suivre.
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