
Le 10 mai, journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, marque cette année les 25 ans de la loi Taubira. En 2001, grâce au combat de Christiane Taubira et des forces progressistes, la traite négrière et l’esclavage étaient enfin reconnus comme crimes contre l’humanité.
Mais un quart de siècle plus tard, la République française continue d’entretenir un rapport ambigu avec son histoire coloniale. La preuve : il aura fallu attendre 2026 pour que l’Assemblée nationale engage enfin l’abrogation officielle du « Code noir », ce texte des XVIIe et XVIIIe siècles qui organisait juridiquement l’esclavage dans les colonies françaises.
Pendant des siècles, ce code a réduit des femmes, des hommes et des enfants à l’état de marchandises, légalisant les violences, les châtiments et l’exploitation humaine au service des intérêts économiques de la bourgeoisie coloniale. Cette abrogation tardive montre une chose : la France n’a jamais réellement regardé son histoire esclavagiste en face.
Car les conséquences de la colonisation et de l’esclavage ne relèvent pas seulement du passé. Elles continuent de marquer profondément la société française. Les inégalités entre l’Hexagone et les outre-mer, le scandale du chlordécone aux Antilles, les difficultés d’accès à l’eau à Mayotte ou encore les discriminations racistes rappellent que les héritages coloniaux sont toujours présents.
Reconnaître ces crimes ne suffit pas si l’on refuse d’en tirer des conséquences politiques. L’histoire de l’esclavage doit être pleinement enseignée. Les responsabilités de l’État doivent être assumées. Et les territoires ultramarins doivent enfin bénéficier d’une véritable égalité sociale et économique.
Les communistes portent ce combat depuis des décennies. Dans son communiqué pour les 25 ans de la loi Taubira, le Parti communiste français rappelle que la lutte contre le racisme ne peut être dissociée du combat contre les inégalités sociales et les logiques de domination héritées du colonialisme. Le PCF défend l’égalité réelle entre l’Hexagone et les outre-mer, le renforcement des services publics et un véritable travail de mémoire et de réparation.
Face aux réactionnaires qui veulent minimiser la colonisation ou réécrire l’histoire, une évidence demeure : aucun peuple ne construit un avenir commun sur le silence et le déni.
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