

Les gouvernement français et italien ont réussi le tour de force de transformer la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs en porte-voix pour les revendications du patronat : Meloni, pour satisfaire la Cofindustria, le MEDEF italien, propose pour le 1er mai un décret loi qui ne finance plus la formation continue des travailleurs, passe sous silence le salaire minimum, mais qui, pour donner l’impression d’entendre la colère de celles et ceux qui n’arrivent pas à vivre de leur travail, propose un salaire « équitable », « un traitement économique global qui contribue à constituer un contrat favorable au travailleur ». Aucun chiffrage, aucun contrôle, juste une déclaration d'intention. On y croit…
Lecornu, devant le tollé à gauche, reporte au 1er mai 2027 l’entrée en vigueur d’une loi qui permettra à certains patrons de faire travailler leurs salariés « volontaires », un jour jusqu’ici chômé et payé. Le RN a même regretté ce report à l’année prochaine, se faisant le porte-parole des patrons qui attendent cette possibilité avec impatience, pour le bien de l’économie française et pour satisfaire le désir irrépressible, ce jour-là, de leurs clients. Bien sûr…
Alors, de quel travail parle-t-on ? En 2025, en France, 1297 décès sont liés aux conditions de travail, 3 par jour ouvré. En avril, la mort atroce d'un jeune en stage d'observation, écrasé par un chariot élévateur, n'est pas fortuite : des employeurs sacrifient des vies pour réduire les coûts, coût de l'encadrement, coût des mesures de sécurité. En parallèle,pour complaire au patronat et sous prétexte de rigueur budgétaire, 30% des postes d'inspection du travail ont été supprimés depuis 11 ans : il y a désormais un poste pour 15 000 salariés, quand l'O.I.T. en préconise un pour 10 000.
Le 1er mai reste donc une épine dans le pied du patronat, une épine qu'avec l'aide de la droite et de l'extrême droite il tente d'arracher définitivement.
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