
Romilly-sur-Seine
Le Conseil municipal de Romilly-sur-Seine a été marqué par des débats nourris autour du budget 2026, révélateurs des orientations politiques de la nouvelle mandature. Élu de gauche, Fethi Cheikh a annoncé un vote contre, dénonçant un budget « sans cap » et « sans ambition sociale claire ».
Dans une intervention structurée, l’élu a pointé une baisse globale de 7 % du budget sans explication précise des choix opérés. « Un budget qui n’explique pas ses priorités est un budget qui ne les assume pas », a-t-il affirmé, critiquant un manque de lisibilité sur les projets reportés ou abandonnés. Au coeur des critiques : une politique d’investissement revue à la baisse, alors même que les crédits votés les années précédentes n’étaient réalisés qu’à hauteur de 65 %. Pour Fethi Cheikh, le problème n’est pas l’ambition affichée, mais la capacité de la collectivité à concrétiser ses projets. « Réduire les investissements, c’est entériner les difficultés plutôt que les corriger », a-t-il estimé.
Sur les services publics, le constat est tout aussi sévère. Malgré l’annonce de la fin du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, la masse salariale diminue. « Des annonces sans moyens, c’est une illusion », a dénoncé l’élu, regrettant l’absence de renforcement concret des services à la population. La question des solidarités a également cristallisé les critiques, avec le maintien d’une baisse de 340 000 euros de la subvention au CCAS. Une décision jugée incompréhensible dans un contexte de hausse de la Dotation de solidarité urbaine. « La solidarité ne peut pas être une simple intention », a-t-il insisté.
Autre point d’alerte : l’absence totale de mesures en faveur du pouvoir d’achat, qu’il s’agisse des familles, des aînés ou encore des tarifs municipaux. Pour la gauche, ce silence constitue un choix politique assumé, au détriment des habitants.
Dans ce contexte, Fethi Cheikh a également défendu une proposition concrète : l’attribution d’une subvention exceptionnelle à l’association SOS Romilly Chiens, engagée dans la protection animale sur le territoire. Une demande qui illustre, selon lui, la nécessité de soutenir davantage les initiatives locales et solidaires.
Enfin, le Conseil a voté la dénomination de la piste d’athlétisme au nom d’Auguste Triché. Une décision saluée par l’ensemble de la gauche, qui y voit une reconnaissance légitime d’une figure locale ayant marqué la vie sportive romillonne.
Entre désaccord profond sur les orientations budgétaires et reconnaissance de l’histoire locale, ce Conseil municipal aura illustré une ligne de fracture politique claire.
Pour les élus de gauche, l’heure est à des choix plus affirmés, au service des habitants et de la justice sociale.
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