
En France comme en Espagne, les privilèges donnés à la bourgeoisie ne hantent pas l’imaginaire des classes moyennes et populaires pour le plaisir, les faits sont bien réels. Lorsque les gouvernements de droite sont au pouvoir de chaque côté de la frontière, ce n’est pas un hasard si les pots cassés, ils les font payer à leur peuple respectif. La frontière n’arrête pas les intérêts de classe.
e conservateur Mario Rajoy avait gagné les élections en 2011 en Espagne en raflant 52% des voix. La voie était libre pour qu’il puisse tailler à bras raccourcis dans la sécu espagnole. Les mesures de rigueur drastiques mises en place par son gouvernement bloquèrent l’accès aux soins à des centaines de milliers de personnes, y compris des personnes gravement malades.
Cela ressemble fort aux scénarios de casse sociale que mettent en place progressivement les gouvernements successifs de droite en France, depuis la création de la Sécu en 1945 par le communiste Ambroise Croizat. De Gaulle à qui on en attribue à tort la création, n’attendit pas pour commencer de mettre l’accent sur la nécessité de réduire les dépenses sociales et de poser la première pierre de son détricotage.
Depuis son accession au pouvoir en 2018, le gouvernement de gauche espagnol de Pedro Sanchez a pleinement rétabli l’accès gratuit au système de santé public qui propose une couverture sociale essentielle pour les résidents et travailleurs sur le territoire et offre une protection complète en cas de maladie, maternité, accident, invalidité, vieillesse, décès, chômage et charge de famille.
Il subsistait cependant un vide juridique depuis 2018, qui excluait les étrangers ne pouvant prouver au moins trois mois de résidence en Espagne. Dorénavant, depuis le 10 mars 2026, pour accéder aux soins, une simple déclaration sur l'honneur suffira, et un document provisoire sera délivré. Toute personne vivant en Espagne a désormais accès gratuitement au système de santé public. Cela va dans le bon sens et la situation est inversement proportionnelle à celle de la France où la droite continue de grignoter tant qu’elle peut notre Sécu.
En France, comme en Espagne, la droite et l’extrême droite estiment que les soins gratuits sont un appel d’air migratoire. C’est d’abord un acte humanitaire qui relève du respect des droits humains. D’ailleurs, partout dans le monde, où la droite et l’extrême droite sont à la direction d’un pays, ils nous démontrent bien que l’humain est le dernier de leurs soucis.
Louis Michel
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