

Au soir des résultats, presque tout le monde avait gagné et si l’on n’avait pas gagné c’était la faute aux autres : Mélenchon est un boulet pour Faure ; c’est çelui qui dit qui y est, répond en d’autres termes Mélenchon. Déprimant. Plus inquiétant, les images des départs de maires de gauche battus par une liste LFI qui ont toutes la même scénographie : des huées, des insultes, avec l’ex-maire tâchant de sortir avec l’aide de policiers. On est loin de la tradition républicaine. Mais si l’on considère que l’élection d’un maire LFI à Saint-Denis a « libéré » la ville, comme le dit Mélenchon qui n’est pas à une outrance près, alors on comprend mieux la violence des réactions, surtout lorsque l’on a présenté au meeting de Bondy les socialistes comme de gros combinards[qui] ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le second tour.
En face de cette théâtralisation, les candidats communistes proposent un projet politique, protecteur et fédérateur, et une vie politique apaisée, loin de la conflictualisation permanente et de la brutalisation, ce qui permettra peut-être de faire revenir à l’objet politique les abstentionnistes. En tout cas, c’est ce qui a permis, par exemple, à la liste du communiste Vincent Bouget, Nîmes en commun, de faire revenir Nîmes à gauche, en s’appuyant depuis longtemps sur un travail d’échange permanent avec ses concitoyens, et sur un programme transformateur pour tous, quels que soient l’âge, le genre ou le quartier, incluant une démocratie participative active. L’apaisement, l’amélioration de la vie sans jouer sur la fracturation sociale et politique, c’est moins spectaculaire que la vindicte, et c’est finalement la définition que donne Aristote de la politique : la science pratique qui vise le bien commun et l’épanouissement humain au sein de la cité. Forza !
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY