LES IMPOSTURES DE LA POSTE

LES IMPOSTURES DE LA POSTE

La Poste a toujours incarné au coeur des Français le modèle du service public. Une directive européenne de 1997 a contraint les États-membres de l’Union à la libéralisation totale du marché des services postaux à, partir de janvier 2011. Le changement de statut en société anonyme en janvier 2010 avait sonné le glas de la poste. Une maille de plus au détricotage du service public après Air-France, France télécom, GDF EDF, etc…

La crainte était bien réelle de voir une répartition de ses services sur le territoire national et pour ce faire déjà en 2009 un postier sur 5, partant à la retraite, ne devait pas être remplacé. Pour l’usager devenu progressivement un client, le changement fut accompagné d’une dégradation du service public et de la diminution des points d’accès aux services postaux.

Le maillage des services postaux et les facteurs présents sur le terrain, en avaient fait un modèle de lien social. Le remplacement progressif de certains agences postales par des « points de contacts » postaux en mairie ou chez des commerçants, les Agences Postales Communales, ou APC, (environ 3 800) sont hébergées en mairie, les Relais de Poste Commerçants ou RPC (environ 1500) implantés dans bars, tabacs, épicerie, sans compter que bon nombre de bureaux de poste ne sont ouverts que quelques jours dans la semaine et parfois seulement 4 heures par jour et pour certains que 2 heures, ont eu raison de cet esprit de solidarité.

Le lent effacement en catimini des célèbres boîtes à lettres jaunes de la Poste implantées depuis les années 60 dans les rues de France et notamment dans les campagnes, en dit long sur l’avenir de ce service public dans les territoires ruraux. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Depuis le 1er janvier 2026, les tarifs postaux de la presse ont augmenté de 7 %. Le service public de distribution postale de la presse, institué par la loi, est en effet un rouage essentiel de la chaîne de l'information. Alors que la Poste et l'État s'étaient engagés à plafonner les augmentations tarifaires jusqu'en 2027, une telle décision remet en cause les conditions de cette mission indispensable pour nos concitoyens situés dans les zones les moins denses du territoire, la disponibilité de leur journal ou de leur magazine à un coût raisonnable et va avoir des conséquences démocratiques. Quelles sont les raisons d’un tel revirement ?

La Poste prétend que les coûts de distribution de la presse auraient augmenté de 40 % en 2023, et ce alors même que les volumes distribués baissent continuellement ; que ces coûts seraient désormais « insupportables ». Ce qu’elle ne dit pas ; c’est qu’elle a réalisé 1,4 milliard d’euros de bénéfice l’année dernière…

Louis Michel

 

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