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5 mars 2026
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Journée internationale de lutte pour les Droits des Femmes

Qu’est devenue « la grande cause nationale » de l’égalité femme-homme présentée comme un des piliers de la politique d’Emmanuel Macron ? Pas grand-chose puisque les moyens alloués sont dérisoires par rapport aux besoins. Pour 2026, sur des recettes de 365,5 milliards d’euros, l’enveloppe serait seulement de 95,6 millions d’euros.

Le budget 2026 repose sur une orientation centrale : la réduction des dépenses publiques afin de contenir le déficit. Présentée comme une nécessité économique, cette stratégie a pourtant des conséquences sociales très concrètes, qui touchent de manière disproportionnée les femmes.

Les premiers postes concernés par ces coupes sont donc les services publics. La baisse des moyens alloués se traduit directement par une dégradation des conditions de travail, une pénurie de postes et une stagnation des salaires. Or, les femmes y sont surreprésentées : en 2022*, elles constituaient 63 % des effectifs de la fonction publique, et jusqu’à 78 % dans les secteurs du soin et de l’éducation.

Dans l’Aube** les femmes occupent 91,5% des postes d’aides-soignants, 90,9% des postes d’infirmiers- sages femmes. Indirectement, baisser les dotations des services publics est un moyen d’accroître l’inégalité salariale en précarisant les secteurs très majoritairement occupés par des femmes. Même si les Auboises sont par ailleurs plus diplômées que les Aubois, 25% des femmes sont diplômées du supérieur contre 16, 3% des hommes, à temps de travail équivalent, leur salaire net annuel atteint 23 232€ en 2021, quand celui des hommes est de 27 694€.

L’égalité salariale progresse comme un paresseux sur sa branche…

L'inégalité professionnelle aussi puisque les Auboises occupent 10% des emplois de cadre, contre 13,7% pour les Aubois, et lorsqu’elles sont cadres leur salaire moyen annuel est largement inférieur à celui des hommes : 38 964€ contre 48 210€. Si l’on ajoute à cela le temps partiel non choisi (26,5% contre 8,7% pour les hommes), ou choisi pour pouvoir s’occuper d’enfants non gardés ou / et de parents âgés, si l’on ajoute la situation de famille monoparentale, toutes situations massivement féminines, tout est organisé pour accroître la pauvreté féminine.

Le budget 2026 ne prévoyant aucune mesure structurelle pour réduire le recours à ces formes d'emploi précaire, l'État se comporte donc dans les services publics en bon capitaliste : il exploite les femmes au travail et le patriarcat se charge de les exploiter dès leur retour à la maison : 80% des tâches ménagères sont encore faites par les femmes quand elles sont en couple.

Un chiffre rappelle brutalement les conséquences de l'inaction de l'État à l'égard des femmes : en France, en 2025, 167 femmes sont mortes parce qu’elles étaient des femmes.

Année après année, faute de moyens pour protéger les femmes, donc faute de volonté de les protéger, ce nombre augmente, et est désormais encouragé par un masculinisme qui ne peut être combattu que par l'éducation. Or, là aussi seuls 20% des élèves ont eu accès à des sensibilisations à la vie affective et sexuelle, faute de moyens et, parfois, de volonté administrative.

Faire de grands discours sur l’égalité sans transformer en profondeur les structures économiques et sociales revient à produire un féminisme symbolique, déconnecté des réalités matérielles. En refusant de mettre en place des politiques ambitieuses et dotées de moyens réels l’État se rend complice de ces violences. Il faut donc le lui rappeler encore et encore, et ne pas se tromper de bulletin de vote...

* INSEE/DGAFP, 2022
** INSEE, Dossier Grand Est, mars 2024

 

 

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