
Dans une société pour qu’une fiscalité soit équitable, cela demande de mettre en pratique des principes de justice et d’égalité. À l’Assemblée nationale, nous avons assisté depuis bientôt un an à une mascarade, pour trouver 44 milliards d’économie sur le budget 2026. Le gouvernement n’a pas trouvé mieux que de puiser dans la poche des plus humbles. Avec une recette fiscale équitable et des aides publiques distribuées parcimonieusement nous n’en serions pas arrivés là.
D’après, le rapport de la commission sénatoriale des finances, son président, le sénateur communiste Fabien Gay, révèle que les aides aux employeurs, évaluées à 211 milliards d’euros par an, ont été octroyées sans ciblage en fonction des besoins, ni suivi, ni contrôle, ni sanction vis-à-vis des entreprises qui les perçoivent et qui plus est, sans vergogne, licencient, délocalisent, tout en versant des dividendes record.
Il aurait été logique que la conditionnalité de ces aides publiques aux entreprises soit liée à des critères économiques, sociaux et environnementaux. Dans une stratégie d’entreprises, pourquoi n’y aurait-il pas une transparence vis-à-vis des représentants des salariés et avec des droits d’intervention de leur part allant jusqu’au droit de veto ?
En matière de rapinerie, on touche le fond avec une autre révélation, celle de l’ancien ministre des Finances Éric Lombard. Il affirme que les Français les plus fortunés échappent à l’impôt en toute légalité. Il avait demandé la publication des statistiques sur lesquelles Bercy avait travaillé l’année d’avant. Étrangement, le gouvernement n’a pas retenu sa suggestion, pire encore, l’administration dispose de données objectives attestant de l’ampleur du phénomène et le gouvernement ne fait rien pour y remédier.
Le comble de l’abjection dans cette histoire c’est que ces plus fortunés appuient leurs actes immoraux sur une loi qui leur permet de les faire en toute impunité, une façon d’être parfaitement légale… en étant malhonnête. Tout cet argent est alors investi dans les paradis fiscaux, dans des niches fiscales, dans le montage de holding, dans des crédits Lombard, tous ces mécanismes sont bons pour l’entasser en le soustrayant à l’impôt ; une sorte de tonneau des Danaïdes, mais sans trous pour les riches. Cette structure fiscale inégalitaire, n’est pas le fruit du hasard.
Les gouvernements libéraux successifs se sont employés à favoriser les plus riches par une fiscalité avantageuse. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017, la fortune des milliardaires français·es a doublé. Ce gain de plus de 220 milliards d’euros, concentré sur à peine 32 personnes, équivaut au financement de plus de 10 000 postes d’enseignant·es pendant près de 400 ans. Cet exemple justifie à lui-seul de mettre à bas la puissance de la finance et des spéculateurs sans foi ni loi qui règnent sans partage.
Louis Michel
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