LA HONTE A CHANGÉ DE CAMP

LA HONTE A CHANGÉ DE CAMP

7 octobre 2022
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C’était il y a cinq ans, et la fin du silence résonne encore. Le 5 octobre 2017, le New York Times publie une enquête retentissante sur les agissements du tout-puissant producteur de cinéma H. Weinstein. 10 jours plus tard, l’actrice américaine Alyssa Milano crée le hashtag MeToo, invitant les femmes à dévoiler les harcèlements ou agressions sexuelles qu’elles ont subis. Des centaines de milliers de témoignages déferlent sur les réseaux sociaux, exposant au grand jour ce qu'un immense déni recouvrait jusqu’alors : chaque jour, quels que soient leur pays, leur milieu social, leur religion ou leur couleur de peau, des femmes sont victimes de violences.

Pourtant, les chiffres, les rapports, les enquêtes existaient. Mais nos sociétés ne voulaient pas les regarder en face, dans leur terrible ampleur, et leurs multiples visages. #MeToo les a rendus réels et a provoqué le plus grand mouvement mondial jamais vu contre les violences faites aux femmes.

Ce qu’elles savaient depuis toujours, vivaient dans leur chair sans le verbaliser, des remarques sexistes aux humiliations, harcèlement, agressions ou viols, en se révélant dans sa dimension endémique, a permis bien plus qu’une « libération de la parole ». Cette révolution, car c’en est une, a mis au jour l’illusion de l’« égalité déjà là », bousculant les consciences, les pratiques, les imaginaires, jusqu’au plus intime de nos vies. Même si la réponse des pouvoirs publics est loin d’être à la hauteur, notamment en ce qui concerne la justice, les femmes savent qu’elles ne sont pas seules, que, non, « ce n’est pas normal », qu’elles peuvent si elles le souhaitent porter plainte, être protégées. Que leur expérience s’inscrit dans un système patriarcal et des logiques de domination qui n’ont rien d’inéluctable, que malgré les retours de bâton réactionnaires, rien ne sera jamais plus comme avant, que la honte a changé de camp.

C’est ce que nous dit avec force l’admirable courage des femmes iraniennes, qui s’étaient déjà emparées à l’été 2020 du mouvement #MeToo, rejointes aujourd’hui par tout un peuple qui ne tolère plus qu’une jeune fille meure sous les coups de la police des moeurs pour avoir voulu vivre libre.

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