TAXER LES SUPERPROFITS !

TAXER LES SUPERPROFITS !

12 août 2022
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Capital / Travail

Dans le ciel de l’été vient de retentir dans tout l’espace public un mot jusqu’ici tabou devenu un mot « canon » : superprofit. Il est sorti des murs des sections du Parti communiste, des cercles de ATTAC, de la confédération CGT, pour se répandre, de journaux télévisés en discussions, jusqu’au Parlement.

Pendant que les augmentations de prix vident les frigos des familles populaires, dès le 15 de chaque mois, ces profits extrêmes contribuent à remplir les comptes en banques des milliardaires et des fonds financiers. Les travailleurs ne voient rien venir sur leur feuille de paie, mais les groupes financiers, énergétiques, de transports, des autoroutes, de l’automobile, du luxe ou de la grande distribution sont aux anges. Leurs profits sont devenus des « superprofits ». Par exemple, le groupe ENGIE, premier fournisseur de gaz, réalise un résultat net de 5 milliards d’€ au premier semestre 2022, soit près du double qu’en 2021. Et, le prix du gaz flambe. Après cela, ce même groupe vient, la main sur le coeur, annoncer qu’il va octroyer une petite ristourne aux consommateurs qui lui coûtera… 88 millions d’€. Une farce ! Ce n’est même pas le prix d’une campagne de communication de ce groupe.

« Stabilité fiscale » à deux vitesses.

Et, le groupe Total qui a réalisé 17 milliards de profits trouve le moyen par un tour de prestidigitation en trio avec le ministre de l’Économie et la majorité de droite du Sénat de promettre une ristourne sur son carburant qui lui coûtera … 500 000 €. Celle-ci n’interviendrait qu’en septembre, après que les automobilistes seront passés, en juillet et août, aux pompes pour leurs plus longs trajets de l’année. Chapeau l’artiste ! Ce géant, qui n’a pas payé d’impôt ni en 2019, ni en 2022, préfère être payé d’avance, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à augmenter le prix de son carburant de quelques nouveaux centimes.

Le consommateur paiera donc lui-même et bien plus sa ristourne, ajoutée aux diverses taxes qu’il paie sans souvent le savoir. Lors du débat parlementaire au Sénat, B. Le Maire a justifié son refus de « taxation temporaire » en prônant « la stabilité fiscale ». Bizarre non ? Car non seulement le groupe Total n’a pas payé le moindre centime d’impôt en 2020, mais il a bénéficié d’une ristourne de 126 millions d’euros.

Ajoutons que les augmentations des prix des carburants produisent de facto des augmentations de la part de la fiscalité sur ceux-ci. C’est une « stabilité fiscale » à deux vitesses, mais toujours aux dépens des mêmes !

La question de l’appropriation sociale et publique doit être posée.

Autre forme de mystification : Les industriels de l’agroalimentaire et la grande distribution ont trouvé une autre délétère astuce, ils diminuent la quantité de produit dans le même emballage tout en augmentant régulièrement les prix de vente. Au royaume du capitalisme, le profit est roi. De ce côté-là, ils ne sont pas tenus à la fameuse « sobriété » présidentielle. Ces superprofits sont bien issus de la compression des salaires et de l’augmentation des prix due à la spéculation. Ces augmentations ont commencé bien avant la guerre en Ukraine. Les groupes industriels et les « fonds spéculatifs » qui bien souvent sont des filiales des banques, des assurances ou d’autres institutions financières, mènent le bal en achetant par anticipation d’énormes quantités à bas prix, puis les revendent lorsque la raréfaction qu’ils ont produite fait flamber les prix de l’énergie ou des céréales.

La coalition de gauche et les sénateurs communistes ont proposé une taxation de ces profits à hauteur de 25% à 30%. Ce ne serait que justice, car ces profits sont réalisés à partir de rentes de situation après avoir bien souvent bénéficié de considérables aides publiques, sans contrôle, durant la pandémie. Un véritable assistanat d’État ! Dès lors que les profiteurs de guerre et de crise dans des secteurs aussi essentiels que la finance, l’énergie, les transports refusent de servir le bien commun, la question de leur appropriation sociale et publique doit être posée.

Le pouvoir serait bien inspiré d’écouter le retentissement nouveau de ce mot devenu canon qui se répand : superprofit. Il porte en lui les germes d’un nouveau mouvement populaire pour la justice et l’égalité.

 

 

 

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