HÔPITAUX EN PÉRIL

HÔPITAUX EN PÉRIL

3 juin 2022
Catégorie(s) :

Santé

À Troyes comme à Bordeaux ou encore à Rennes, rares sont les hôpitaux épargnés par la crise de ces services vitaux. Partout, bricolages et bouts de ficelle soutiennent l’édifice. Pour combien de temps ?

Et surtout la santé, dit-on. Eh bien non. On a beau se remémorer l’intervention télévisée de madame Borne en tant que première ministre, relire ses deux pages d’entretien de la semaine passée dans le Journal du dimanche, c’est en vain. L’hôpital craque, dit la CGT, cet été on peut avoir des morts, disait samedi sur une radio Philippe Juvin qui, s’il est un élu LR, est aussi le chef des urgences de Pompidou et ne passe pas a priori pour un extrémiste : « Je connais des endroits où il risque de ne pas y avoir de sages-femmes pour les accouchements. » L’hôpital craque et le gouvernement regarde ailleurs, deux ans à peine après les prétendues prises de conscience liées à la crise sanitaire, et un Ségur de la santé aux bien maigres résultats au regard de la situation d’aujourd’hui.

Il semble au gouvernement et au président de la République bien plus important d’obliger les Françaises et les Français à travailler plus longtemps que de faire en sorte qu’ils vivent en bonne santé et plus longtemps.

C’est tout le système qui est en crise. Nombre d’entre nous ont fait l’expérience d’attentes interminables aux urgences avec les souffrances, voire les situations de détresse que cela représente. Les plans blancs décidés dans un nombre croissant d’établissements amènent à des reports d’opérations même pour les pathologies les plus graves, cancers, maladies du coeur. La situation de la psychiatrie est catastrophique, les soins à domicile sont à la ramasse.

On l’a déjà dit. Les soignants salués aux premiers temps de la crise sont, pour nombre d’entre eux, fatigués, découragés. Il est bien sûr question des horaires, des salaires, des conditions même de travail quand le matériel manque. Il s’agit aussi d’un sentiment moral de défaite, quand on a l’impression que, quoi que l’on fasse, cela sert à si peu de chose. Des médecins les plus éminents aux aides-soignantes, le monde hospitalier a des propositions. Elles s’exprimeront particulièrement le 7 juin. Madame la première ministre, il faut arrêter de regarder ailleurs.

 

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