ÉCOLOGIE ET JARDINAGE

ÉCOLOGIE ET JARDINAGE

7 juin 2024
par Remi
Catégorie(s) :

Fin du monde, fin du mois, même combat ? L’écologie dominante des gouvernements en place, déclinée par les médias "mainstream", se résume le plus souvent à des incitations aux écogestes pour « sauver la planète », accessibles essentiellement aux ménages les plus aisés (manger bio, rouler électrique, économiser l’énergie, etc.). Écologie ; truc de bourges, conforme à leurs valeurs et à leurs intérêts qui fait payer aux classes populaires l’ardoise des classes supérieures, dont l’empreinte écologique est largement plus élevée ? Au vu de l'échantillon protéiforme de « sensibilités » qui cultivent le sujet, la question n'est pas idiote. Il n’est plus à prouver que les milieux populaires sont ceux qui polluent le moins et pourtant ceux qui pâtissent le plus.

André Gorz en 1972* mettait déjà en garde : « Les écologistes et les mouvements écologistes, à quelques exceptions près, sont muets sur la question des moyens. C’est que l’on a affaire chez eux à une sensibilité subversive et à une inspiration révolutionnaire sans base de classe, à une révolte morale qui, le plus souvent, rejette l’ensemble de la civilisation capitaliste sans poser explicitement la question de la nature de classe de la société dont cette civilisation est le fruit. » Pour envisager une écologie de rupture, il convient donc de changer de nombreux paradigmes ; notre rapport au vivant, nos rapports de production, etc... Ces choix collectifs doivent être élaborés démocratiquement. Quant à la question des inégalités, il est nécessaire qu’elle se trouve au coeur des débats afin de pouvoir bâtir une écologie politique, véritablement populaire et transformatrice. Bref, un « cul par-dessus tête » systémique tel que le propose Léon Deffontaines. Dit sans fioriture par le syndicaliste brésilien, Chico Mendes, qui s'est illustré dans la lutte contre la déforestation amazonienne : « L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage. »

* « Critique du capitalisme au quotidien », paru dans le Nouvel Observateur.

 

Partager l'article :

Les dernières actus

COMBIEN DE TEMPS ENCORE ?

L‘eau à Romilly : Une nouvelle fois, les habitants de Romilly-sur-Seine sont appelés à réduire leur consommation d’eau. Alors que le département a connu un épisode de chaleur exceptionnel pour un mois de mai, les...

L’ORIENTATION OU LA SÉLECTION ?

Parcoursup Le 1er juin, des centaines de milliers de lycéens ont découvert les premières réponses de Parcoursup. Une date synonyme de stress et d’incertitude. Les candidats disposent de quelques jours seulement pour répondre aux propositions...

EDGAR MORIN, LES YEUX OUVERTS

« Le Marx qui m'a marqué est celui des Manuscrits économico-philosophiques, qui contiennent sans aucun doute la source de mon idée d'anthroposociologie : celle de l'unidualité humaine (naturelle et culturelle), et celle selon laquelle les...
1 2 3 553

Vous ne voulez rater aucun numéro de la Dépêche ?

Abonnez-vous, vous recevrez chaque numéro dans votre boîte aux lettres.
Je m'abonne

© 2026 - La Dépêche de l’Aube

Création : Agence MNKY

magnifiercrossmenuchevron-down
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram