
La société de consommation a transformé le quotidien des Français. La production de masse à bas coûts, très souvent produite à l’étranger, (principalement en Chine, en Inde et au Bengladesh) où le coût de la main-d’oeuvre est plus bas, ainsi que le développement de la grande distribution ont permis l'accès des ménages à de nombreux biens.
Mais cette consommation de masse a aussi entraîné des effets néfastes sur l'homme et sur sa santé et ses conditions de vie. Des problèmes sanitaires, la marginalisation des petits producteurs, la dégradation des conditions de travail et le chômage dû aux délocalisations en sont les résultats, ainsi que l’impact négatif sur l'environnement comme la pollution, l’épuisement des ressources naturelles et l’accumulation de déchets. Tous les secteurs sont concernés, de l’électro-ménager à l’automobile mais l’habillement est sans doute le plus représentatif de cette consommation effrénée. La consommation nous a dépossédés de l’essentiel de notre existence. Avoir serait devenu plus important qu’être ?
Le capitalisme tire son profit de la vente de sa production. La publicité, son arme fatale, est devenue sa béquille, son outil indispensable, pour faire marcher son économie. Il a donc recours à des entreprises qui utilisent la publicité pour influencer le comportement des consommateurs vis-à-vis des marques. Ah, quelle aubaine la prolifération des marques ! Pour abêtir le consommateur rien de mieux. Le bling-bling de la marque crée chez le consommateur une espèce d’élitisme de bazar, heureux de se trimbaler avec la marque apparente au possible sur ses vêtements, ses chaussures, ses objets divers. Victime ravie d’être transformée en homme sandwich publicitaire.
L’industrie de la mode proposait deux collections par an, celle-ci a été remplacée depuis par la « Fast-fashion » ou mode éphémère, élément de perversion par excellence qui a bouleversé ce rythme. Elle se caractérise par le renouvellement très rapide des vêtements proposés à la vente, plusieurs fois par saison, mais surtout, elle vise à maximiser les profits en minimisant les coûts. Ce système repose sur une superproduction et une obsolescence programmée. Pour obtenir des profits exponentiels, les industriels du textile n’hésitent pas à franchir des limites inacceptables ayant des conséquences dramatiques pour la planète et pour les travailleur-euses.
Le système capitaliste obsédé par son productivisme, ses exigences de rentabilité et sa course aux profits nous mène à nous créer de faux besoins dans une sorte d’obsession accumulatrice totalement contradictoire avec le maintien de l'équilibre écologique de la planète. La logique du système publicitaire et celle du système capitaliste sont intimement liées, toutes deux polluent la planète, mais aussi nos mentalités.
Louis Michel
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