
Fermetures de classes dans l’Aube :
À quelques mois de la rentrée 2026, suppressions de classes et de postes se multiplient dans l’Aube. Entre élus locaux et syndicats comme la CGT et la FSU, la contestation grandit face à une politique jugée purement comptable.
Rentrée 2026 : l’austérité annoncée
À quelques mois de la rentrée, la carte scolaire 2026 confirme une nouvelle vague de suppressions dans l’Aube : 37 fermetures de classes dans le premier degré, 21 postes supprimés, et 29 suppressions dans le second degré. Derrière ces chiffres, enseignants, élus et syndicats dénoncent une dégradation continue du service public d’éducation.
Officiellement, ces décisions s’appuient sur la baisse démographique. Le département devrait perdre environ 600 élèves à la rentrée 2026, dans une tendance amorcée depuis plusieurs années. Mais pour les organisations syndicales comme la CGT Éduc’Action et la FSU, cet argument sert surtout de justification à une politique de réduction des moyens.
Dans une déclaration commune, elles dénoncent « le refus de saisir l’opportunité historique de la baisse démographique pour améliorer les conditions d’enseignement ». Au contraire, elles constatent « un taux d’encadrement qui se dégrade encore » et « des effectifs par classe intolérables ».
Des élus à l’offensive :
À Saint-André-les-Vergers, lors du conseil municipal du 14 avril, Florent Ballanfat, élu communiste, a dénoncé la suppression de deux classes dans le primaire et de deux classes au collège de la Villeneuve. Selon lui, la réalité locale ne correspond pas au discours officiel : « le différentiel d’inscriptions entre 2025 et 2026 n’est pas significatif ». Il ne s’agit pas d’une chute des effectifs, mais d’une fluctuation utilisée comme prétexte.
Le cas du collège est particulièrement parlant : la suppression d’une classe de 5e et d’une de 4e intervient alors que cinq élèves supplémentaires par niveau suffiraient à justifier leur maintien. « Pour une poignée d’élèves sur un tableur Excel, on dégrade les conditions d’apprentissage de tout un établissement ».
Manque de moyens :
Les syndicats pointent une dégradation globale : manque d’enseignants, mais aussi d’AESH, de psychologues scolaires, d’infirmières ou encore de personnels administratifs. La CGT Éduc’Action évoque une « désorganisation du service public d’Éducation nationale » et un recours croissant aux contractuels.
Dans le second degré, la suppression de 19 divisions en collège et les réductions de postes vont mécaniquement entraîner des classes plus chargées et un suivi des élèves plus difficile. Pour les enseignants comme pour les élus de gauche, le problème est clair : la baisse du nombre d’élèves est utilisée pour réduire les moyens, au lieu d’améliorer les conditions d’enseignement.
Or, les recherches en éducation sont unanimes : la réduction des effectifs par classe est un levier essentiel pour lutter contre l’échec scolaire et mieux accompagner les élèves, notamment les plus fragiles.
Face à ces décisions, la mobilisation monte. La CGT et la FSU ont boycotté le Conseil social d’administration départemental, dénonçant un manque de transparence et des décisions imposées sans réel dialogue.
Dans l’Aube, la question dépasse désormais la seule carte scolaire : c’est celle du maintien d’un service public d’éducation de qualité sur l’ensemble du territoire qui est posée.
Face aux fermetures de classes et à la baisse des moyens, le Parti communiste français défend une autre logique pour l’Éducation nationale :
👉 Recruter massivement des enseignants . jusqu’à 100 000 recrutements sur 5 ans pour répondre aux besoins
👉 Réduire les effectifs par classe
👉 Augmenter fortement les moyens de l’école publique
👉 Revaloriser les personnels
👉 Renforcer le service public d’éducation
👉 Mieux accompagner les élèves : temps d’apprentissage encadré et suppression des devoir à la maison
Responsable CGT Éduc’Action de l’Aube

En effet, les nouvelles cartes scolaires annoncées dans le 1eret le 2nd degré ne présagent rien de bon. Depuis des années, nous dénonçons le manque criant de moyens, la souffrance des personnels ou encore les difficultés de l’école inclusive (manque d’AESH, de structures adaptées, de personnels médico-sociaux…).
À cela s’ajoutent la stagnation salariale et les multiples réformes qui contribuent à la perte de sens de nos métiers. Les classes sont déjà surchargées, dans le premier degré, on constate de plus en plus de regroupement de niveaux, mettant en difficulté les enseignants, et dégradant les conditions d’apprentissage des élèves.
Concernant les remplacements, les zones vont être étendues et les personnels pourront être amenés à se déplacer à l’autre bout du département. À l’école Paul Bert de Troyes, une classe est sans enseignant depuis des mois, les parents d’élèves, démunis, s’interrogent sur le fait de placer leurs enfants en école privée. Il faut dire que l’offre est abondante à Troyes.
Pour sauver l’école publique, il aurait été opportun de ne pas fermer des classes et supprimer des postes, mais il faut croire que la logique est ailleurs.
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