

Pasolini, un an avant son assassinat en 1975, disait dans Écrits corsaires « Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé « la société de consommation » [...] La société de consommation, a profondément transformé les jeunes ; elle les a touchés dans ce qu’ils ont d’intime, elle leur a donné d’autres sentiments, d’autres façons de penser, de vivre, d’autres modèles culturels. [...] Ce qui signifie, en définitive, que cette « civilisation de consommation » est une civilisation dictatoriale. En somme, si le mot de « fascisme » signifie violence du pouvoir, la « société de consommation » a bien réalisé le fascisme. »
Pour lui, le triomphe de la société industrielle entraîne une uniformisation où tous aspirent aux mêmes valeurs marchandes, ringardisant les valeurs culturelles et humanistes. Ainsi, à Milan, de jeunes casseurs ont pillé le 17 octobre des boutiques de luxe, symboles de ce qui est présenté comme absolument nécessaire pour être reconnu, mais s’ils ont détruit la grande librairie Feltrinelli ils n’ont emporté aucun livre. Ces jeunes casseurs, ni de droite ni de gauche, car « personne ne nous représente » sont pauvres, et viennent sans le vouloir au secours d’un gouvernement qui, au prétexte d’une guerre inévitable faite par un ennemi supposé, sacrifie la santé, l’éducation, les salaires et la transition écologique sur l’autel des capitalistes de l’armement. Et il en est ainsi du 17 octobre en France.
C’est pour dénoncer cette économie de guerre, le réarmement et le génocide palestinien que les dockers d’Italie, de France, de Grèce, d’Espagne, de Turquie et duMaroc feront grève le 30 octobre, dans plus de 40 ports : « les ressources publiques doivent être consacrées aux besoins de la population et non au financement de la guerre » . Un discours qui va dans le même sens que les revendications des jeunes, en études ou au travail, et qui met en lumière ce néofascisme inhérent aux exigences d’un capitalisme sans frein ni morale.
Gisèle Malaval
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