

La présentation par les ministres des projets de budget de l’État et de la Sécurité sociale montre clairement que les retraités sont dans le collimateur du gouvernement.
Sans surprise, le budget présenté continue globalement d’épargner les grandes entreprises et les plus aisés. 54 milliards d’euros d’économies sont annoncés pour tenter de stabiliser le déficit à 5 % du PIB. Les réductions de crédits, les gels de prestations annoncés mettront encore un peu plus en difficulté les services publics et les ménages aux revenus modestes et moyens.
Si la copie n’est pas améliorée, la facture va être salée pour les retraités, particulièrement maltraités par les mesures annoncées. Celles-ci devront cependant être soumises au vote du Parlement. À l’exemple de l’Union syndicale des retraités CGT, que nous avons rencontrée, 8 organisations (1) appellent à la riposte le 14 octobre prochain.
Retraités dans le viseur
Une action qui concerne aussi les salariés, dont beaucoup dépendent du régime AGIRC-ARRCO, comme le souligne Josie Georgel, secrétaire de l’USR CGT de l’Aube. Alors que l’inflation fait rage, les retraités sont souvent plus impactés que d’autres du fait d’un recours plus fréquent aux consultations médicales et aux franchises qui s’appliquent, de l’achat de médicaments de moins en moins bien remboursés et de déplacements contraints.
Une des conséquences de la désertification médicale est qu’il faut souvent prendre la voiture, faute de moyens de déplacement alternatifs. Les témoignages attestent des difficultés de plus en plus de ménages et de femmes seules à faire face aux factures de chauffage et de carburant.
L’industrie de la bonneterie et d’autres ont employé une main-d’oeuvre féminine nombreuse et mal payée, avec pour conséquence des retraites particulièrement basses et bien en dessous de la moyenne nationale. « Je connais des veuves d’agents EDF qui sont obligées de vendre leur maison », témoigne une responsable de l’USR.
Des carrières pleines, des retraites maigres
Après 45 années d’activité comme ouvrier chez Lacoste, André met cartes sur table : « 1 100 € de retraite générale, plus 450 € de retraite complémentaire : voilà ce que je touche. » Francis, ouvrier durant 43 ans dans le bâtiment, perçoit 1 500 € tout compris. Pour Janusz, après 40 ans d’activité aux PTT comme agent de maîtrise, la retraite s’élève à 1 760 €.
Il s’agit là de retraites pour des carrières complètes, mais qu’en est-il des retraites correspondant à des carrières incomplètes, hachées, pour les personnes victimes du chômage de longue durée ? Voilà auprès de qui le gouvernement veut aller ponctionner directement près de 6 milliards d’euros.
Josie Georgel indique que l’objectif de la journée d’action du 14 octobre est d’exiger la revalorisation des pensions de retraite, qui devrait pleinement tenir compte de l’inflation et combler les retards des dix dernières années : « Pour certains qui ont de petites retraites, la perte est de 100 € ! »
Le conseil d’administration de l’AGIRC-ARRCO est particulièrement interpellé afin qu’il lève sa mesure de non-revalorisation de la retraite complémentaire prise sous l’impulsion du MEDEF depuis 2025, « alors qu’il y a de l’argent dans les caisses, 108 milliards de réserves », indique la responsable syndicale.
Le 14 octobre, la riposte
Mais, au vu des annonces gouvernementales, c’est le rejet du racket des retraités programmé pour 2027 qui va être aussi au centre de la mobilisation en cours et, plus globalement, celui des 54 milliards d’euros d’économies prévus dans les projets de lois de finances et de financement de la Sécurité sociale. Déjà, des syndicats d’actifs, à l’exemple de celui de la Santé et de l’Action sociale, appellent à rejoindre le mouvement pour l’augmentation des salaires.
(1) CGT, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, Ensemble & Solidaires, LSR
Pierre Mathieu
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