
À chaque passage à la station-service, c’est la même grimace, le même soupir résigné. Pour des millions de ménages, insérer sa carte bancaire dans l’automate est devenu une véritable épreuve. Pris en étau entre tensions géopolitiques et fiscalité toujours lourde, le prix des carburants atteint des niveaux devenus insupportables pour beaucoup.
Pour la grande majorité des Français vivant en zone rurale ou périurbaine, la voiture n’est pourtant pas un luxe. Elle est indispensable pour travailler, faire ses courses, conduire les enfants à l’école. Et quand le plein augmente, c’est tout le budget familial qui trinque. Vingt, vingt-cinq euros de plus pour remplir le réservoir : il faut bien les trouver quelque part. Alors on rogne sur les loisirs, les sorties, on traque les promotions, on repousse certains achats, on se restreint sur tout. Pendant ce temps, les géants pétroliers, eux, ne semblent guère connaître la crise.
Difficile, dans ces conditions, de ne pas voir monter un profond sentiment d’injustice. Pour beaucoup d’automobilistes, l’État apparaît comme l’un des grands bénéficiaires de la flambée des prix, tout en refusant toujours d’agir véritablement sur les taxes et le prix payé à la pompe.
Les aides ciblées ne suffisent pas davantage à calmer la colère des secteurs professionnels les plus touchés. Transporteurs, artisans, agriculteurs et tous ceux pour qui rouler est une nécessité maintiennent la pression. La colère gronde. Les appels à la mobilisation se multiplient.
Fabien Roussel appelle les Français à se mobiliser. Et le souvenir des Gilets jaunes revient forcément dans les esprits. À force de laisser monter la facture et de ne pas répondre à la détresse de la population, le risque de blocage social grandit. Le gouvernement est désormais au pied du mur.
Michel Grossmann
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