
Le Service National Universel a été abandonné, pas la volonté de mettre la jeunesse au pas. Classes défense, stages en uniforme, cérémonies patriotiques, immersion dans l’armée : la présence militaire s’installe peu à peu dans le quotidien scolaire. Derrière « l’engagement citoyen », les syndicats dénoncent une militarisation croissante de l’École.
Depuis l’arrivée de Macron au pouvoir en 2017, le budget des armées a doublé, les exercices militaires se sont multipliés sur le territoire, sans oublier le SNU (Service national universel), mis en place dès 2019 par Édouard Philippe et soutenu par Gabriel Attal en 2024 qui souhaitait sa généralisation.
En 2025, le gouvernement annonce finalement l’abandon du SNU, jugeant sa généralisation impossible à mettre en place. Cependant, le Premier ministre mentionnait la « création prochaine du service militaire volontaire ».
Malgré l’échec et l’abandon du SNU, nous assistons à une accélération de la militarisation de la jeunesse. Les classes « défense et sécurité globale » fleurissent dans les lycées, mais aussi dans les collèges.
Dans ce sens, un guide édité par le ministère de l’Éducation nationale est paru en novembre 2025, intitulé « Acculturer les jeunes à la défense ». Il invite les personnels à se saisir des stages de 3e et de seconde, ainsi que des périodes de formation en milieu professionnel des Bac pro et CAP, afin de favoriser le contact des élèves avec des militaires « et plus largement des corps en uniforme ». La CGT Éduc’action dénonce cette militarisation et exige la suppression de ces stages qui « n’ont pas d’utilité pédagogique ».
Aujourd’hui dans les écoles, fleurissent des actions sous couvert de « parcours d’engagement citoyen », notamment autour de la commémoration du 11 novembre. À partir de la rentrée 2026, une cérémonie commémorative est prévue dans le cadre scolaire : levée de drapeau et chant de la Marseillaise, parfois dès la maternelle, ou encore « accueil des autorités civiles, militaires, académiques ou locales ».
Dans l’Aube, des professeurs volontaires (ou non) deviennent « référents classe défense », organisant des rencontres avec des militaires et envoyant les élèves une journée entière à Mailly-le-Camp. La cité Bachelard de Bar-sur-Aube lance la première classe police du département. Au lycée Marie-de-Champagne de Troyes, la « Préparation Militaire Marine AMIRAL AUBE » propose aux jeunes Aubois de plus de 16 ans une première immersion dans la Marine nationale.
Dans la Marne, des écoliers d’Auve et des collégiens de Ste-Ménéhould vont accueillir Yaël Braun-Pivet à Valmy le 25 septembre. Élèves et enseignants ont eu droit à une répétition de la cérémonie officielle et deux professeurs d’histoire font une formation « porte-drapeaux » aux jeunes.
Dans un communiqué de février 2026, les organisations syndicales rappellent leur « refus de toute mesure tendant à militariser l’École » et considèrent que « la propagande guerrière, sous quelque forme que ce soit, n’a pas sa place » dans les établissements scolaires.
Charline Briot
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY