
Les survivants de la macronie, Attal et Édouard Philippe, vont monter sur le ring pour déterminer qui sera l’héritier du bail. À ma droite, Édouard Philippe, le sphinx du Havre. À ma gauche, Gabriel Attal, le bon élève pressé.
Depuis sa mairie du Havre, Édouard Philippe peaufine un profilde « gaullisme d'atmosphère ». Sa méthode ? Attendre sagement que le macronisme s'effondre sous son propre poids pour apparaître comme l’unique héritier. Le cynisme de la posture est clair comme de l’eau de roche. Après avoir soutenu et appliqué les réformes les plus impopulaires du premier quinquennat il vient ensuite expliquer, l’air grave, qu’il aurait fallu s’y prendre autrement et qu’il n’y était pour rien.
Gabriel Attal, nommé à Matignon pour insuffler de l'énergie, incarne la politique de l'instantané. Pur produit de la macronie technocratique. Gouverner pour lui semble consister à occuper le terrain médiatique pour éviter que l'on ne regarde les résultats.
Derrière leurs sourires de façade, il n’y a rien de nouveau à attendre d’eux. Leur vernis de courtoisie ne peut nous faire oublier la politique macronienne qu’ils ont portée à bout de bras.
Le mandat d’Édouard Philippe fut marqué d’importants mouvements sociaux et de réformes structurelles vivement contestées ; maintien de l’ordre brutal lors de la crise des gilets jaunes, ouverture de la concurrence à la SNCF et fin du statut des cheminots, suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), tentative de mettre en place la réforme de la retraite par point, sans oublier son intention defaire reculer la retraite à 67 ans, baisse de 5 euros des APL et pour la bonne bouche, lors du covid, quand les stocks des masques de l’État étaient au plus bas, un coup de maître pédagogique quand il explique avec sérieux que les masques étaient parfaitement inutiles avant de les rendre obligatoires quelques semaines plus tard.
Quant à Gabriel Attal, il eut l’idée de génie des groupes de niveau pour renforcer la cohésion sociale en séparant méthodiquement les élèves dès le collège. Quoi de mieux pour l'estime de soi des enfants en difficulté que de les étiqueter officiellement « élèves faibles » dès la classe de 6ᵉ, puis la réforme de l'assurance-chômage, une preuve d'amour incontestable envers les travailleurs, en durcissant drastiquement les conditions d'accès et la durée d'indemnisation, ou encore l’idée de l’uniforme à l’école et face à la dégradation des finances publiques et au déficit, le gouvernement Attal annonça des annulations massives de crédits, notamment sur la transition écologique et l'enseignement supérieur.
Dans cette lutte des ego, Gabriel Attal et Édouard Philippe proposent la même offre politique sous deux conditionnements différents : la version « vintage responsable » d'un côté, la version « startup dynamique » de l’autre. Ce survol de leur accomplissement nous montre qu’ils ont l’art de rouler à contresens des attentes populaires.
Louis Michel
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