
Pompiers
Après un été marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, neuf organisations syndicales des sapeurs-pompiers professionnels ont interpellé Emmanuel Macron. Dans une lettre commune datée du 6 août, elles réclament des engagements concrets sur les effectifs, les équipements et le financement des services d’incendie et de secours.
Reçue le 13 août place Beauvau par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, l’intersyndicale espérait des réponses. Elle est ressortie « très déçue ». Les syndicats dénoncent des effectifs insuffisants, des équipements vieillissants et des moyens qui ne suivent plus l’évolution des risques. Une mobilisation nationale est désormais annoncée fin septembre.
La colère intervient alors que les incendies de cet été ont montré les conséquences très concrètes de l’urgence climatique. Face à des feux plus fréquents et plus intenses, attendre la catastrophe pour débloquer des moyens n’est plus tenable. Prévenir suppose des personnels formés et suffisamment nombreux, des équipements disponibles et un financement public à la hauteur.
Dans l’Aube, renforcer les effectifs professionnels
Dans notre département, le SDIS repose très largement sur le volontariat. Fin 2025, il comptait 894 sapeurs-pompiers volontaires pour seulement 155 professionnels, auxquels s’ajoute le réseau des corps communaux.
Un engagement indispensable au fonctionnement actuel des secours, particulièrement dans les territoires ruraux, mais qui ne saurait masquer la nécessité de renforcer les effectifs professionnels. Le ministère de l’Intérieur rappelle d’ailleurs que les professionnels constituent « l’ossature » des services d’incendie et de secours.
Le volontariat ne peut devenir la réponse au manque de moyens publics. La disponibilité des volontaires dépend notamment de leurs contraintes professionnelles et de la possibilité pour leurs employeurs de les libérer. À l’heure où les interventions augmentent et où l’urgence climatique fait apparaître de nouveaux risques, recruter davantage de sapeurs-pompiers professionnels devient indispensable.
L’Aube doit pouvoir conserver l’engagement précieux de ses volontaires tout en disposant de davantage de professionnels présents et disponibles en permanence. Cela suppose une augmentation durable des financements des SDIS et un engagement beaucoup plus important de l’État.
On applaudit volontiers les pompiers lorsque le pays brûle. Encore faut-il leur donner, le reste de l’année, les moyens de nous protéger.
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