DERRIÈRE LES DÉMENTIS, L’INQUIÉTUDE DEMEURE

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21 mai 2026

Le Coq sportif à Romilly

Le Directeur général du Coq sportif, Alexandre Fauvet, dément les rumeurs d’une délocalisation de la production de Romilly-sur-Seine vers Dubaï. Officiellement, il n’y aurait dans l’émirat qu’une petite équipe liée à l’informatique et au e-commerce.

Officiellement aussi, l’objectif resterait de « relancer » l’atelier romillon et même de le faire grandir. Mais derrière les mots rassurants, les salariés et les habitants ont surtout entendu une autre phrase : « l’atelier n’est absolument pas rentable ». Et c’est bien là que réside toute l’inquiétude.

En effet dans le capitalisme, lorsqu’une direction commence à parler de rentabilité insuffisante, de “challenges” et de restructuration, l’histoire est souvent écrite d’avance. Les salarié·e·s de Romilly connaissent malheureusement cette musique par coeur : promesses de relance, discours sur l’excellence française, puis suppressions d’emplois, réduction d’activité et abandon industriel progressif.

Bien sûr, la direction affirme qu’il n’est « absolument pas question » de fermer le site. Mais en parallèle, des départs ont déjà eu lieu, les syndicats s’inquiètent, et les salariés restent dans le flou. Quant à l’annonce de futures « grosses productions made in France », elle ressemble davantage, pour l’instant, à une opération de communication qu’à un véritable plan industriel solide et durable.

Le problème dépasse d’ailleurs le seul Coq sportif. Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont laissé désindustrialiser le pays au nom de la concurrence mondiale et de la rentabilité financière. On ferme des ateliers ici pendant qu’on produit ailleurs à moindre coût. On vante le “made in France” dans les discours, mais on laisse les logiques de marché décider seules de l’avenir des territoires et des travailleurs.

Romilly-sur-Seine sait ce que coûte cette logique. La ville a déjà payé un lourd tribut à la casse industrielle et textile. Chaque emploi perdu, chaque atelier fragilisé, ce sont des familles plongées dans l’incertitude, des savoir-faire menacés et un territoire qui s’affaiblit encore un peu plus.

L’industrie textile française ne peut pas survivre uniquement à coups d’annonces médiatiques et de slogans patriotiques. Elle a besoin d’investissements publics, de protections face à la concurrence déloyale, de garanties pour les salariés et d’une véritable stratégie industrielle nationale. Car derrière les beaux discours sur « l’excellence mondiale », une question simple demeure : combien d’emplois seront encore là demain à Romilly ? Aujourd’hui, personne ne peut y répondre clairement. Et c’est précisément cela qui inquiète.

 

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