

Le 14 février eut lieu à Munich une conférence sur la sécurité avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Celui-ci se voulait rassurant sur les liens entre les USA et la vieille Europe : « nous sommes liés par les liens les plus profonds[...], forgés par des siècles d'histoire commune, de foi chrétienne, de culture, de patrimoine, de langue, d'ascendance, et par les sacrifices consentis par nos ancêtres pour la civilisation dont nous avons hérité. » Et de citer la bière allemande, l'architecture religieuse italienne, les Beatles, mais pas la démocratie, pas les Lumières. Ah, la démocratie... cette épine dans la chaussure des capitalistes, qui a créé un droit international... Trump s'affranchit du droit, encore un effort et la démocratie disparaîtra.
Jeudi 19 février aura lieu le Board of Peace, le Conseil de la Paix, conçu par Trump pour la reconstruction de la bande de Gaza, élargi à d'autres conflits, et à 1Md$ le ticket d'entrée pour les membres permanents. La France n'y participe pas, comme d'autres pays de l'UE, mais Meloni enverra en observateur son ministre des Affaires étrangères car elle veut que l'Italie contribue à la formation des forces de police à Gaza et dans les territoires palestiniens - on ne se refait pas -. De toute façon, vu le nombre de dictateurs et d'hommes d'affaires parmi les membres payants, on n'est pas là pour parler philanthropie mais pouvoir et argent : les horreurs du fascisme et le retour du colonialisme sont devenus de la realpolitik.
Dans un entretien, Trump annonce 70Mds$ pour des projets à l'objectif affiché : transformer la bande de Gaza en un pôle économique régional comparable à Dubaï ou Doha, ce qui implique l'occupation de la bande de Gaza et la déportation des Gazaouis. Ce Conseil n'a rien à faire de l'autodétermination des peuples, n'accordera d'ailleurs aucun pouvoir politique aux 15 Palestiniens qui composeront le Comité national pour l'administration de Gaza. La démocratie ? Une vieillerie inutile.
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