
Aube
Selon le classement publié en décembre 2024 par l’Observatoire des inégalités, deux quartiers de Troyes — Jules Guesde et Sénardes — figurent parmi les 20 quartiers prioritaires les plus pauvres de France métropolitaine. Dans ces territoires, entre 63 % et 67 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit plusieurs fois plus que la moyenne nationale.
Ces chiffres sont alarmants : dans un pays riche comme la France, des milliers de familles troyennes sont contraintes de survivre avec des ressources insuffisantes, concentrant chômage, précarité, logements sociaux et manque d’accès à l’emploi et à la formation.
Cette réalité n’est pas une fatalité, mais la conséquence d’un choix politique continu, incarné depuis des décennies par François Baroin, maire de Troyes depuis 1995.
Une approche sécuritaire plutôt que sociale
Plutôt que de répondre avec des politiques ambitieuses de réduction des inégalités, la municipalité a fait de la sécurité et de la vidéosurveillance une de ses priorités phares. Troyes investit massivement dans les effectifs de police municipale et la surveillance urbaine, en créant un « hôtel des sécurités » ou en multipliant les caméras en ville, plutôt que dans des politiques sociales structurantes pour ces quartiers.
Certes, la municipalité parle de « requalification urbaine » et d’équipements scolaires comme l’école internationale Jules Guesde, mais ces opérations sont avant tout cosmétiques ou symboliques, loin d’une véritable transformation sociale durable.
La pauvreté à Troyes : un héritage politique qui se prolonge
Le classement de l’Observatoire des inégalités met en lumière un fait simple : le modèle politique de Baroin n’a pas endigué la pauvreté, il l’a souvent normalisée et gérée à l’économie. Dans des quartiers où presque 7 habitants sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté, où les jeunes sont trop souvent au chômage et sans qualification, il est urgent de rompre avec des politiques municipales centrées sur la seule gestion sécuritaire.
La responsabilité de l’équipe municipale ne se limite pas à Troyes : elle reflète aussi un refus d’investir dans les services publics, l’emploi, le logement ou l’éducation, et une préférence accordée aux gros projets d’image plutôt qu’aux réponses concrètes aux besoins des habitantes et habitants.
La pauvreté troyenne n’est pas un hasard. Elle est l’héritage d’un système politique qui préfère les illusions de sécurité à la justice sociale. Il est temps d’en finir avec ce cycle et de construire une ville où chaque habitant puisse vivre dignement : pour cela aucun doute que la candidate de la gauche aux municipales 2026 proposera une alternative à mener avec Briot !
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