

Troyes
Cinquante places en plus, réservées aux femmes dans une école d'ingénieurs troyenne, bonne idée a priori. À posteriori, c'est plutôt inquiétant puisque l'école en question, l'APF Engineering School est, à sa création en 1925, une École Polytechnique féminine, donc entièrement réservée aux femmes.
Dans le Libé du 23/01, deux étudiantes expliquent pourquoi elles hésitaient à se présenter au concours d'entrée mixte : « pas parce qu'elles n'ont pas le niveau mais par manque de confiance en elles ». Le fameux syndrome de l'imposteur qui fait que des femmes se sentent illégitimes à viser des études ou des professions très majoritairement occupées par des hommes. Les progrès dans le domaine de la parité en France semblent bien lents : il suffit de penser qu'il a fallu attendre 1968 pour que les Françaises puissent devenir architectes à part entière, en pouvant enfin s'inscrire à l'Ordre. Il y avait bien auparavant des femmes architectes, en France, mais elles venaient principalement des pays de l'Est...
Les stéréotypes de genre ont la vie dure
Le Rapport du Haut Conseil à l’Égalité 2026 souligne même, en France, une montée alarmante du masculinisme (10 millions d'individus) qui théorise, avant tout par idéologie politique et/ou religieuse, une inégalité par essence entre l'homme et la femme, qui induit la soumission, la dépendance et la conformité aux rôles genrés de celle-ci et justifie même la violence.
Le Rapport souligne aussi une autre forme de sexisme, plus soft en apparence : le paternalisme, qui, sous couvert de bienveillance et de protection, enferme la femme dans des stéréotypes de fragilité et de dépendance, ce qui n'exclut pas pour autant la violence. Ces deux formes de sexisme sont évidemment deux avatars du patriarcat qui, par définition, veut maintenir les femmes loin du savoir, car savoir c'est pouvoir.
Libérer la société du patriarcat et du capitalisme qui s'en nourrit est par conséquent le seul moyen de réaliser enfin l'égalité.
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