
Le groupe Michelin a annoncé avoir remboursé 4,3 millions d’euros d’aides publiques indûment utilisées pour équiper des usines à l’étranger. C’est une victoire concrète, arrachée par les salarié·es, leurs représentant·es et le travail des parlementaires communistes et par la commission d’enquête sénatoriale menée avec détermination par Fabien Gay.
Un remboursement historique
Comme annoncé début octobre, le géant français de la fabrication de pneus Michelin a reversé 4,3 millions d’euros sous forme de « don » à l’État français. La décision été entérinée vendredi 26 décembre, par un arrêté paru au Journal officiel. Cette somme « correspond à des crédits d’impôt perçus par Michelin au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), un dispositif en vigueur en France de 2013 à 2021 ».
Michelin avait perçu, en 2017, plusieurs millions d’euros au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Suite à cela, le groupe avait annoncé l’acquisition de huit machines-outils, qui étaient destinées au site de La Roche-sur-Yon (Vendée). Au final, seules deux d’entre elles ont bien été installées sur le territoire français ; les autres ayant été envoyées en Espagne et en Roumanie. De plus, l’usine de Vendée a fermé ses portes en 2020… Ce qui a donc vraiment fait mauvais genre. Suite à la commission d’enquête parlementaire et à son rapporteur Fabien Gay pointant les fameux 211 milliards, le PDG a donc annoncé de rembourser le prix des machines en question !
C’est évidemment une bonne nouvelle, y compris pour les Aubois, puisque nous sommes directement concernés avec la situation de l’usine Michelin de la Chapelle-Saint-Luc. Fin 2024, les salariés avaient déjà dû subir deux semaines de chômage technique, ce qui avait plutôt interpellé en lien avec la situation globale du groupe et la fermeture de plusieurs autres sites. Mais à l’époque les dirigeants du groupe et ceux de l’usine affirmaient que le site aubois n’était pas dans le même danger. Force est de constater que la situation a l’air quand même de se dégrader.
En juillet dernier, des annonces sont tombées : l’usine Chapdelaine va passer de 650 salariés à 500 d’ici fin 2026. La direction fait le choix de supprimer ses équipes de Week end et d’organiser des « départs volontaires » terme pratique qui permet d’éviter celui de licenciements.
L’argument étant la baisse de production, l’usine de La Chapelle produit du pneu agricole, pendant ses heures de gloire elle produisait 40 000 tonnes par an, en 2024 elle a chuté à 24 000 et devrait peiner à dépasser les 20 000 cette année.
Les dirigeants de l’entreprise expliquent que le secteur agricole est en crise, qu’il n’y aura pas « le rebond » espéré ce qui justifie cette décision de « réduite la voilure ».
La crise agricole a bon dos puisque le groupe a fermé plusieurs usines dont la production de pneus n’était pas destinée à des engins agricoles.
Le contrôle de l’utilisation des fonds publics est essentiel
Pour la première fois sous la Ve République, un grand groupe du CAC 40 reconnaît, sous la pression politique et citoyenne, qu’il doit rendre de l’argent public lorsque les engagements initiaux ne sont pas respectés.
Le PCF avait permis aux citoyennes et citoyens, dans la foulée de cette commission, d'interpeller le ministre de l'Économie pour que l'engagement de Michelin soit tenu. C'est désormais chose faite ! Le cas Michelin ne doit pas être isolé, prenons par exemple un autre cas aubois : Le Coq Sportif, là encore des millions d’euros d’argent public ont été versés sans aucune garantie, tout cela pour atterrir sur la situation où nous sommes aujourd’hui.
Cette commission devient ainsi, en moins d’un an, la plus rentable de la Ve République ! Ce remboursement démontre une chose essentielle : la conditionnalité des aides publiques n’est ni une utopie ni un slogan, mais une exigence démocratique, sociale et économique.
L’argent public ne peut plus servir à financer les délocalisations, les fermetures de sites, les licenciements, les dividendes et les rachats d’actions.
L’argent public doit servir l’emploi, l’industrie, les territoires et la transition écologique... pas les actionnaires.
Signez la pétition en allant sur
https://www.pcf.fr/petition_conditionnement_ aide_aux_ grandes_entreprises
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY