

Conseil de lecture
« La France éternelle »..., le refrain de ceux qui voient l'immigration comme une submersion destinée à faire disparaître notre civilisation et notre identité... Le premier chapitre s'intitule « Et la première Française fut une immigrée... »
Le ton est donné : il s'agit pour l'archéologue et préhistorien Jean-Paul Demoule de démythifier les manipulations aux fins de définir une identité française qui serait quasiment immuable depuis « le fond des âges » selon l'expression du général De Gaulle. Et les démythifier à l'aide de l'archéologie et de l'histoire.
Ce sera l'oeuvre de 10 chapitres suivant l'ordre chronologique et se concluant à chaque fois par la question : et la France ? Qui met en évidence les erreurs intentionnelles ou pas qui sont véhiculées et que nous avons pu apprendre dans notre scolarité.
Par exemple les Gaulois, supposés être nos ancêtres, et appelés ainsi par César pour différencier les territoires celtes qu'il avait conquis des autres territoires celtes non conquis, nous apparaissaient comme courageux avec l'image, erronée, de Vercingetorix qui jette ses armes sans peur aux pieds de César, mais nous n'apprenions rien de leur civilisation, au contraire de celle des Romains qui apparaissaient comme des civilisateurs, puisqu'ils nous avaient laissé un patrimoine monumental. C’étaient un peu les Barbares civilisés par les Romains.
En fait l'archéologie a mis au jour un réseau de tombes princières, celle de Lavau par exemple, qui prouvent, entre autres, par les objets retrouvés, un commerce intense avec d'autres pays d'Europe pour les oeuvres d'art et la technologie. Et J.-P. Demoule rappelle qu'en matière de barbarie les Romains tenaient leur place : en 51, après la défaite d'Alésia, il y eut un dernier soulèvement à Uxellodunum dans le Lot ; tous les défenseurs de la ville, après leur reddition, eurent les deux mains tranchées.
Conclusion pour ce chapitre : l'occupation romaine entraîna un radical grand remplacement culturel, avec une nouvelle langue, un nouveau droit, l'usage de l'écriture, des villes nouvelles et un nouvel art de vivre, de grandes exploitations coloniales et un quadrillage de voies pavées rectilignes...[...]Finalement serions-nous plutôt gaulois ou gallo-romains. Quoi qu'il en soit, les Francs allaient encore tout changer ou presque...
Ainsi, de chapitre en chapitre, l'auteur démonte le roman national et le passé fabriqué si cher à l'extrême droite et reprend le titre d'un article de l'historien Lucien Febvre, repris par Fernand Braudel : Que la France se nomme diversité. Il pose ensuite la question Et maintenant ? Et y répond par cinq scénarios possibles pour la France à venir, qui tiennent compte des discours politiques actuels et de la conjoncture internationale. Un livre éblouissant et nécessaire.
La France éternelle, une enquête archéologique, Jean-Paul Demoule, La fabrique éditions, 2025
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