

120 ans de Laïcité
Soirée vibrante sous la Coupole de Colonel-Fabien pour rappeler l'importance capitale et l'enjeu de la loi sur la laïcité, 120 ans après sa promulgation.
Cette loi, en séparant l'Église de l'État, supprimait le budget concernant les cultes, le travail dans les couvents, concurrence déloyale au travail salarié ou artisanal, et imposait à l'école une instruction transmise en dehors de tout préjugé familial ou religieux, garantissant la liberté de conscience et l'égalité des citoyens. Mais, comme le dit l'historienne J. Lalouette, elle apprenait surtout à la classe ouvrière que puisqu'il était possible de récupérer les propriétés de l'Église, il serait possible de récupérer celles des capitalistes.
Cette loi rencontra de violentes oppositions, venant du Vatican et des conservateurs. Elle n'est d'ailleurs toujours pas appliquée en Guyane. G. Calvès, professeure de droit, a évoqué les deux menaces sur la laïcité à l'école : la menace islamiste qui vise l'école publique en général et le principe d'égalité, et la menace d'extrême droite qui soutient que l'école publique corrompt les enfants et qui, en ce moment, s’oppose avec vigueur à l'éducation à la vie affective et, pour le secondaire, sexuelle, refusant à l'école sa fonction émancipatrice. Seulement 15% des élèves en ont bénéficié, faute de moyens mais aussi, et surtout, de volonté politique.
Marie Gayte, spécialiste de la politique américaine, a rappelé que l'art.6 de la Constitution des USA stipule bien la séparation de l'Église et de l'État ; mais l'effondrement démographique - les chrétiens blancs sont moins de 50% - et les problèmes économiques ont mobilisé « contre le déclin » toutes sortes d'intégristes, encouragés par Trump, le moins religieux des présidents, qui a mis en place un Bureau de la Foi et a fait de Charlie Kirk un martyr chrétien.
Comme l'ont rappelé F. Roussel et C. Piquet, cette loi est le fondement de la liberté d'expression, c'est-à-dire, la condition première de la souveraineté du peuple. Et c'est encore un combat. Car c'est l'égalité et la liberté qui sont visées par les fondamentalismes, essentialistes et enracinés dans le combat contre les Lumières. Ainsi il y eut plus de 1800 atteintes à la laïcité à l'école en 2024, surtout en EPS, Hist-Géo, SVT. Et sur ce thème la gauche ne parle plus d'une seule voix. Il faut donc, comme le dit P. Ouzoulias, remobiliser d'urgence tout le camp laïque et constitutionnaliser la loi de 1905, notre trésor national, selon l'expression de F. Roussel.
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