LA CACOPHONIE CONTINUE

LA CACOPHONIE CONTINUE

10 décembre 2025

Ehpad de Bayel

Il y a quelques semaines, La Dépêche de l’Aube, avait déjà commencé à mener l’enquête sur la situation catastrophique de l’Ehpad de Bayel. Nous avions pu y constater la dégradation des conditions de travail, la souffrance des salariés et le manque criant de moyens. Un peu plus de quatre mois plus tard, les problèmes demeurent, voire empirent.

Des salariés à bout qui subissent des représailles

La Dépêche de l’Aube était présente mercredi 26 novembre au rassemblement organisé par la CGT en soutien aux salariés de La Belle Verrière, à cette occasion nous avons pu échanger avec des soignantes en souffrance.

L’une d’elles, souhaitant rester anonyme, nous a même expliqué avoir subi des représailles de sa direction. Suite aux articles de presse sortis il y a quelques semaines, la directrice l’aurait convoquée sur des horaires d’après-midi alors que la salariée est en mi-temps thérapeutique et ne travaille pas l’après-midi. Au cours de cet entretien, il lui aurait été reproché d’avoir « entaché l’image de l’entreprise » en ayant échangé avec la presse. La salariée nous a confirmé qu’elle avait été une des seules convoquées alors que plusieurs autres de ses collègues sont mobilisées pour faire évoluer les choses dans l’établissement. La pression, cumulée à la dégradation des conditions de travail et l’incertitude sur l’avenir de leur établissement, a poussé  plusieurs d’entre elles  à se mettre en arrêt maladie.

Nous avons pu également échanger avec une autre soignante qui nous a expliqué qu’elle avait dû acheter des produits de soin et des gants sur ses deniers personnels tant le manque de moyen est criant à La Belle Verrière. Les piles présentes dans les appareils permettant aux patients de sonner pour alerter les soignants ne seraient pas remplacées, ce qui empêcherait les salariés de pouvoir répondre correctement aux besoins des personnes âgées. « À force de manque de moyens, on finit par en devenir maltraitants contre notre volonté » voilà ce qui ressort in fine des discussions et c’est une vraie souffrance pour ces soignantes qui aiment leur métier et leurs patients.

Le flou continue sur l’avenir de l’établissement

Nous l’avions évoqué dans notre dernier article, la gestion du groupe privé Philogéris entraîne manquements et dysfonctionnement graves : des baisses de salaires et des erreurs dans les fiches de paie, des manques de matériels et de moyens etc… Ce qui a entraîné la mise en sommeil de 10 lits de la part de l’ARS.

Par ailleurs, le groupe Philogéris a été placé en redressement judiciaire fin 2024 sur plusieurs des établissements qu’il possède. Le 28 novembre, le Tribunal aurait rendu des jugements ordonnant « la cession des actifs du groupe Philogéris au profit d’Iroise Bellevie, du groupe l’Age d’Or et de la maison Saint Gabriel ». Ce qui aurait des conséquences directes sur les salariés des établissements concernés et y compris des licenciements. Concernant l’Ehpad de Bayel, pas de son pas d’image, un silence assourdissant est proposé en guise de réponse aux salariés mobilisés.

La maire de Bayel aurait déclaré souhaiter que l’établissement redevienne complètement en gestion publique municipale. Il est tout de même nécessaire de lui rappeler que c’est elle qui, en 2023, a décidé de mettre en place un partenariat public privé entre le CCAS et le groupe privé Philogeris pour la gestion de l’établissement. Des rumeurs autour d’une reprise associative se font également entendre, mais rien de confirmé à l’heure actuelle.

Cela dit, reconnaître ses erreurs est une bonne chose : force est de constater qu’introduire le privé dans la gestion d’un établissement de santé en était une grosse. Espérons que des annonces officielles quant à la reprise en main de la gestion de l’établissement arrivent vite avec derrière une vraie volonté pour faire vivre nos services publics et leur permettre de fonctionner au mieux pour répondre aux besoins de la population.

 

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