
L’industriel et chimiste Alfred Nobel fit sa renommée avec l’invention de la dynamite. Il légua son immense fortune à un fonds chargé de récompenser ceux qui « auront rendu à l’humanité de grands services ». Seules cinq disciplines apparaissent dans le testament d’Alfred Nobel, et font l’objet de la remise d’un prix chaque année. Ces disciplines sélectionnées furent la physique, la chimie, la médecine, la littérature et l’action en faveur de la paix. Ce qui ne manque pas d’originalité quand on a été inventeur de la dynamite, qui outre ses applications dans l’exploitation minière fut utilisée pendant les guerres et par le terrorisme. Mais ce qui est le plus détonnant, c’est ce prix Nobel d’économie créé en 1968, à l’initiative de la Banque centrale de Suède, une des plus vieilles du monde.
Opposée à la doctrine sociale-démocrate alors en vigueur en Suède, elle instaura son prix pour imposer sa doctrine économique néolibérale. Pour faire court, une fumisterie au service du néolibéralisme auréolée du prix Nobel. Après le Troyen Jean Tirole en 2014, Philippe Aghion fut le lauréat du Nobel 2025. La revue mensuelle alternatives économiques estimait lors de la nomination de Jean Tirole, qu’il était favorable à la privatisation du service public, au « capitalisme financier » et opposé au droit du travail. Il proposa la création d’un contrat unique, supprimant de facto le CDI, quant à Philippe Aghion, l’invité privilégié des médias ces derniers temps, il est un anti taxe Zucman. Il fut récompensé alors même qu’il est l’un des plus proches conseillers économiques d’Emmanuel Macron depuis dix ans avec, à la clé, un bilan en termes d’explosion de la pauvreté, de casse sociale ou d'écologie jugé désastreux par d’autres économistes. Comme quoi, de mauvaises actions peuvent trouver leur récompense.
Michel Grossmann
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