

En 2009, Salvini avait déjà proposé, pour lutter contre l'insécurité à Milan, que les deux premières voitures du métro soient réservées aux femmes et que des sièges soient réservés aux seuls Milanais.
Anticonstitutionnel évidemment. Mais c'est une obsession chez lui : il n'est pas ministre de l'intérieur, il est ministre des infrastructures, mais vient de renouveler le 10 novembre sa profession de foi, lors d'une visite à Bari pour soutenir le candidat de la Lega aux régionales : « Foutez le camp, les immigrés qui ne respectent pas les traditions italiennes ! »
Et 5 mois après la conversion en loi du décret Sécurité, la Lega a présenté un nouveau paquet pour durcir encore les règles et introduire de nouveaux types de délit.
Quelques exemples : l'introduction dans le Code pénal de la "résistance passive" en prison, et des peines plus sévères pour ceux qui commettent des actes de violence, de menace ou de résistance à l’exécution des ordres donnés, en particulier s’ils sont commis par groupes de 3 personnes ou plus. Les sit-in pacifiques sont dans le viseur.
Les organisateurs des manifestations devront verser une caution car « le droit de manifester - explique le sous-secrétaire à l'Intérieur - est sacré et doit être protégé mais il ne doit pas devenir un droit à dévaster. Nous responsabilisons les promoteurs/organisateurs qui devront verser une caution qui sera encaissée en cas de dommages ». On imagine que les casseurs vont avoir les mains libres pour appauvrir les organisations qui s'opposent au gouvernement...
Dans la même idée, il est aussi prévu une augmentation des sanctions pécuniaires en cas de violation de l’interdiction de manifester, de l’obligation de préavis et des prescriptions de la Préfecture de police.
La sécurité, pour la Lega, c'est donc une démocratie bâillonnée. Quant aux mesures pour mettre en centre de rétention et expulser plus vite les immigrés illégaux, elles inquiètent le patronat car les sous-traitants y ont souvent recours.
Sécurité ou sécurité du capital, Salvini va devoir choisir...
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY