L’HÔPITAL DE TROYES ÉTOUFFE

L’HÔPITAL DE TROYES ÉTOUFFE

26 novembre 2025

Santé - Aube

Les Aubois éprouvent déjà de grandes difficultés pour se soigner. Notre département est un désert médical, l’accès aux soins y est déjà très compliqué et visiblement l’hôpital, en grande souffrance financière, a lui aussi un fonctionnement dégradé. La Dépêche de l’Aube fait le point.

Désert médical

Il manque 40 à 50 médecins généralistes dans l’Aube. Nous comptons 69,4 médecins pour 100 000 habitants alors qu’on en compte 139,3 pour les Hautes Alpes, département le plus pourvu. La Guyane, dernier département, en compte 44,9. Sur l’ensemble des départements 16 seulement se trouvent derrière l’Aube toujours reconnu comme désert médical.

De nombreux Aubois et Auboises n’ont pas de médecin traitant et se retrouvent donc à consulter les urgences pour des pathologies qui n’en relèvent pas forcément, mais comment faire autrement ?

Les urgences de Troyes sont d’ailleurs dans un état particulièrement préoccupant : en juillet 2025 l’association des médecins urgentistes alertait « la crise aux urgences de Troyes s’amplifie ».

Le manque de moyens pour les soignants est criant, on leur demande de faire toujours plus d’heures sans les payer, le problème de sous-effectif s’accroît et entraîne de plus en plus de difficultés. Les médecins sont à bout et épuisés et ont peur « de faire une connerie ». Cette situation ne date pas d’hier, en 2018 déjà des urgentistes avaient démissionné de leur fonction, ne pouvant plus faire face à cette dégradation de leurs conditions de travail et donc des soins. Rappelons également qu’à l’été 2024 les urgences, trop saturées, avaient dû fermer leurs portes certains week-ends.

Une situation financière préoccupante

Personne ne souhaite réellement prendre la parole et donner des explications à la population dans ce dossier, ce qui est dramatique. La presse locale a bien essayé de solliciter tous les différents acteurs : la direction de l’hôpital, François Baroin, président du Conseil de surveillance, l’ARS… les réponses sont soit évasives soit absentes. Il s’agit pourtant d’une question cruciale : le droit à la santé pour toutes et tous.

Lors de sa prise de poste en tant que nouveau directeur de l’hôpital en 2023, Damien Patriat avait indiqué que l’établissement accusait un déficit de 27 millions d’euros, celui-ci se serait encore davantage creusé en deux ans, mais aucun chiffre clair ne semble vouloir être communiqué.

Pourtant selon les bruits qui courent dans les couloirs de l’hôpital et qui affolent les salariés, l’ARS menace de mettre l’établissement sous tutelle, ce qui ne serait pas une première en France, d’autres hôpitaux en difficulté ont déjà subi le même sort mais cela n’augure rien de bon.

La direction de l’hôpital n’a pas infirmé ni confirmé l’information mais ils ont annoncé par contre la création d’un « comité de suivi » composé de l’ARS, de la Préfecture et du Conseil de surveillance. Sans lire dans le marc de café, cette création apparaît plutôt comme un signe de situation inquiétante plus que de bonne forme.

En attendant, agents de l’hôpital et patients demeurent dans l’inquiétude, la direction de l’hôpital a expliqué que des annonces auraient lieu prochainement. Affaire à suivre...

Toute cette situation démontre que notre système de santé est en danger, l’hôpital public croule sous un manque de moyens qui affecte directement la cohésion des équipes, la qualité des soins, et la dignité des agent·es et des usager·es.

Pour notre système de santé il y a donc urgence : donner davantage de moyens à l’hôpital public et mettre fin à son industrialisation, recruter 100 000 agents supplémentaires, mettre un terme à la fin des exonérations de cotisations sociales pour pérenniser un système de santé du XXIème siècle porté par l’emploi et les salaires.

 

 

 

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