
Racisme
Le dernier rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de la CNCDH révèle une inquiétante montée de l’intolérance et même de la haine à l’égard de nos concitoyens juifs et musulmans tout particulièrement.
Des actes racistes en augmentation
Sur les deux dernières années, les actes et paroles antisémites n’ont jamais été aussi importants depuis la Deuxième Guerre mondiale. Dans le même temps, la très forte augmentation des actes racistes va de pair avec la persistance d’un haut niveau de discriminations, notamment au travail (à l’embauche, dans l’exercice des missions, dans l’évolution de carrière…). Phénomène nouveau : l’utilisation croissante des logiciels d’IA dans la sélection des candidatures et l’«ubérisation » du travail alimentent la discrimination dans le monde du travail.
La xénophobie, le racisme, l'antisémitisme et les discriminations font partie de ces armes de division massive qui alimentent les fractures et permettent aux idéologies identitaires et à l’extrême droite de progresser partout. Cette progression est aujourd’hui largement permise par les prises de parole des différents ministres de nos gouvernements successifs. François Bayrou est allé, il y a quelques mois, jusqu’à évoquer la « submersion migratoire ».
Selon le CNCSH, 1,2 million de personnes âgées de plus de 14 ans se déclarent chaque année victimes d’au moins une atteinte à caractère raciste (Enquête VRS publiée en décembre 2023). Or, 97 % d’entre elles ne portent pas plainte. La sous-déclaration ne recule pas en France. Elle s’explique notamment par la défiance envers les institutions, les difficultés à porter plainte, et le faible nombre de condamnations.
On peut également expliquer ce phénomène par une « libération » de la parole raciste dans notre pays, suite aux résultats électoraux de plus en plus élevés de l’extrême droite. Lors des législatives de 2024, bon nombre de candidats RN avaient été épinglés pour avoir tenu des propos racistes, voire même pour avoir été condamnés ! Autant d’éléments qui ne facilitent pas la confiance en les politiques et les institutions pour les personnes victimes de racisme et de discrimination.
Des conséquences directes sur les personnes concernées :
Notre département n’est évidemment pas épargné, nous avons encore pu le voir récemment avec le scandale sur l’école de parachutisme à Brienne-le- Château où des personnes se sont déguisées en membre du Ku Klux Klan en faisant mise d’agresser physiquement d’autres personnes, elles grimées en noir. Acte scandaleux qui a choqué bien au-delà de la sphère auboise à juste titre. Le racisme s’infiltre dans toutes les sphères de la société, nous avons pu le voir aussi en politique comme par exemple à Romilly où un conseiller municipal RN a été condamné suite à des propos racistes.
Le rapport rappelle aussi sur les conséquences sur la santé des personnes discriminées. Les personnes victimes de racisme, quel que soit leur âge, voient leur état de santé se dégrader. Elles doivent s’adapter au quotidien aux comportements racistes à leur encontre optant pour des stratégies d’évitement, de repli sur soi ou de résignation ou devant prouver sans cesse leur légitimité. Hypervigilance, stress, dépression, anxiété, parfois associés à des maux de tête, de l’hypertension sont fréquents chez les personnes discriminées.
Il y a donc urgence à agir pour l’égalité, et à lutter contre cette société libérale mortifère qui véhicule divisions et discriminations.
Le Parti communiste exige : la régularisation de tous les travailleuses et travailleurs sans-papiers ; l’inéligibilité systématique des personnes condamnées pour racisme et antisémitisme ou encore des pouvoirs nouveaux pour les salariés et des moyens renforcés pour l’inspection et la médecine du travail, pour leur permettre de lutter efficacement contre toutes les formes de racisme et de discrimination dans les entreprises et les administrations.
La Dépêche de l’Aube publie le témoignage d’un de nos lecteurs victime de discrimination sur son lieu de travail.
« J’ai intégré une grande agence bancaire auboise en janvier 2023. Dès mon arrivée, j’ai tout de suite compris que ma prise de poste allait être compliquée. En effet, j’ai été rapidement confronté à un désaveu de la part d’une partie des conseillères qui ont rapidement montré leur désapprobation quant au fait que je sois leur nouveau Directeur d’agence.
Cela s’est caractérisé par un boycott concernant le bon fonctionnement de l’agence : téléphone, prise de rdv, suivi clients, traitement des mails… Mes supérieurs hiérarchiques directs ont été rapidement mis au courant de la situation. Cependant, rien n’a été fait. À cela se sont ajoutés des propos racistes à mon égard entendus par des collègues de l’agence et par moi même.
Je n’ai reçu aucun soutien de ma hiérarchie malgré mes mails et entretiens divers. Bien au contraire, je me suis retrouvé mis au placard et on m’a même proposé de me rétrograder Conseiller ! Inadmissible par rapport à mon parcours professionnel et mon évolution au sein de ce grand groupe.
Je trouve cette situation déplorable. J’ai même fait appel au syndicat pour lequel je cotise, mais je n’ai eu aucun retour depuis.
J’ai demandé l’aide de la députée Valérie Malgras et du maire de Troyes François Baroin mais je n’ai eu aucun retour à ce jour. J’ai même envoyé un mail au grand patron de la banque en vain.
Ainsi, mes origines maghrébines ont été un frein à mon évolution dans cette banque. Je ne pensais pas vivre cette situation un jour en France, en 2025. Cela fait 2 ans que je vis un véritable cauchemar qui influe sur ma santé, mon mental et ma vie sociale. »
© 2025 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY