

Romilly-sur-Seine - Reprise du Coq Sportif
Au moment de la reprise du Coq Sportif par le groupe Dan Mamane, notre article titrait « Prudence, vigilance et exigence ». Pas moins de trois ministres se sont déplacés à Romilly et Troyes, avec la présence, bien sûr, d’Éric Vuillemin qui n’avait que des louanges à chanter envers les nouveaux dirigeants.
Commentant cette visite, L’Est-Eclair indiquait « une réussite mise en avant tout en prenant en considération les difficultés de ses sous-traitants ». Deux mois après, ce n'est plus le même son de cloche qui paraît dans leurs colonnes ! Les langues se délient et la mariée n’est pas aussi belle qu’annoncée.
En effet, ce sont entre 120 et 150 emplois directs et indirects qui sont supprimés. À Troyes, c’est Aube Tricotage, façonnier du Coq, qui ferme ses portes, laissant sur le carreau 17 salariés. France Teinture se trouve aussi en mauvaise posture, l’entreprise est en période d’observation par la Tribunal de commerce, ce qui fait craindre le pire pour 80 salariés.
« Le Coq Sportif nous a abandonnés complètement » est allé jusqu’à déclarer le dirigeant d’Aube Tricotage.
Encore 10,5 millions d’euros de fonds publics versés sans aucune exigence.
Pourtant, chat échaudé craint l’eau froide. Le fonds de pension suisse Airesis a été biberonné aux fonds publics dans le cadre de l’ouverture d’un atelier de production à Romilly ; entre 50 et 60 millions d’euros ; eh oui, maintenant on ne parle plus du Coq Sportif que comme d’un atelier !
On est bien loin des fanfaronnades du maire, il y a une dizaine d'années, nous annonçant la création de centaines d’emplois. Dix ans plus tard, le groupe Airesis a laissé une dette de 258 millions d’après Dan Mamane.
Aujourd’hui on apprend par Alexandre Fauvet, le nouveau PDG du Coq Sportif, que 90% de la production est réalisée au Maroc. Dans la presse locale du 18 octobre il déclare « Je ne peux pas inventer des commandes qui n’existent pas ». Eh bien, qu’il commence par réduire la production délocalisée pour la rapatrier à Romilly, les fonds publics ne devraient-ils pas servir à cela ?
Mais faudrait-il encore, comme le demandent les communistes, que leurs attributions soient conditionnées à de la réindustrialisation, à de la création d’emplois, à de la formation des salariés, bref, à de l’investissement utile.
Cette exigence est reprise par tous les syndicats, cela avance dans le bon sens. Mais il faudrait encore pousser fort, très fort, pour que cela devienne une réalité, puisque ces fonds publics versés aux entreprises, 211 milliards par an, c’est tout de même notre argent.
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