20 ANS APRÈS LA RÉVOLTE DES QUARTIERS, OÙ EN EST-ON ?

20 ANS APRÈS LA RÉVOLTE DES QUARTIERS, OÙ EN EST-ON ?

6 novembre 2025
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Mort de Zyed et Bouna

Il y a 20 ans, le 27 octobre 2005, deux adolescents de Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna, 15 et 17 ans, perdaient la vie dans un transformateur électrique en tentant d’échapper à un contrôle de la BAC. Contrôle aléatoire, sans qu’aucun fait ne leur soit reproché.

À la suite de ces événements, trois semaines d’émeutes s’en sont suivies, un soulèvement des banlieues, avec des questions légitimes : quelles relations entre les habitants et la police dans les quartiers ? Quartiers qui pour beaucoup, sont des territoires abandonnés par la République. Force est de constater que deux décennies plus tard la situation ne s’est pas améliorée.

Les relations entre la population des quartiers et la police n’ont eu de cesse de se dégrader. La mort du jeune Nahel et les différentes affaires de violences policières l’attestent.

La loi de 2017 favorise l’usage abusif des armes qui doit être sévèrement sanctionné. Les députés du groupe GDR avaient voté contre.

Les contrôles au faciès sont avérés, le 27 juin 2025, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France pour des pratiques discriminatoires en matière de contrôle d’identité.

En même temps, les habitants réclament aussi davantage de police pour lutter contre les trafics, notamment de stupéfiants, qui leur pourrissent la vie.

Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur en 2005, il s’était rendu en Seine-Saint-Denis porter un discours de répression, alors que devenu président de la République il s’est empressé de supprimer 12500 postes de fonctionnaires de police, « pour faire des économies… » Il est désormais urgent de recruter des policiers afin de recréer une Police de proximité, ancrée dans les territoires, au service des citoyens et respectueuse des droits fondamentaux. Pour cela, il faut donc davantage les former et les accompagner.

Nicolas Sarkozy a également enclenché le glissement des tâches de la police nationale vers la police municipale, en demandant aux communes de se débrouiller : c’est lui qui a enclenché le désengagement de l’État.

Les communes, gérées par des majorités de droite, arment de plus en plus les polices municipales et installent des caméras, très coûteuses pour les collectivités, dont l’efficacité est plus que relative.

À Troyes, il y a plus de 500 caméras, ce qui n’empêche pas les trafics dans les quartiers, ni les agressions au couteau, comme nous avons pu le voir récemment au centre-ville. ( Il y a pourtant plus de caméras qu’au Louvre, François Baroin devrait penser à donner des conseils à sa collègue Rachida Dati.)

Le maire de Troyes préfère installer des caméras et supprime des postes de médiateurs, alors que pourtant rien ne vaut la proximité. Il est donc urgent de mettre un coup d’arrêt au désengagement de l'État auprès des collectivités, qui se traduit par une folle course en avant aux transferts de compétences, sans moyen adéquat et sans réflexion globale.

Il y a bien un combat à mener pour une police républicaine, respectueuse des habitants dont la mission première est de protéger les populations, dans nos quartiers une police de proximité qui noue des relations de confiance avec les habitants !

De manière globale, dans nos quartiers, mais aussi dans nos zones rurales, il est essentiel de ré implanter des services publics pour que tout le monde sur notre territoire puisse y avoir accès. Et il est urgent d’en finir avec ces politiques libérales qui dégradent nos conditions de vie et accroissent la misère.

 

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