
Point de vue
Par Jean-Marie Georges
Ils sont tous deux Augustiniens. La devise de St Augustin les unit : " In illo uno unum " Dans l'unique Christ, nous sommes un ou dans une formulation peut-être plus explicite : en lui, Un, nous sommes Un. Faut-il vraiment se réjouir de cette fusionnelle similitude ?
Léon 13 est l'initiateur de la doctrine sociale de l'Église publiée en 1891. Aussi, dès le début de son pontificat, en 1878 (quelques années après la Commune) il en dévoila les prémices et le véritable objectif dans une lettre encyclique interne : quod apostolici muneris adressée en secret à ses vénérables frères. Un tour de chauffe en quelque sorte. Le moins que l'on puisse dire c 'est qu'il ne ménagea ni sa charité ni sa rage pour cibler ses ennemis !
« Une peste mortelle, la secte de ces hommes qui s'appellent diversement et de noms presque barbares, socialistes, communistes et nihilistes qui s'efforcent de bouleverser les fondements de la société civile. Ils prêchent la parfaite égalité de tous les hommes et déshonorent l'union naturelle de l'homme et de la femme. Ils attaquent le droit de propriété sanctionné par le droit naturel. Ils prétendent satisfaire tous leurs désirs et s'efforcent de ravir pour en faire la propriété commune, tout ce qui a été acquis par chacun. Ils renversent l'ordre surnaturel afin que l'accès fût ouvert aux inventions ou plutôt aux délires de la raison. Ils proclament que l'autorité publique ne prenait pas de Dieu le principe, la majesté, la force de commander, mais de la multitude du peuple. Qu'y a-t-il de commun entre justice et iniquité ? Et quelle société entre la lumière et les ténèbres ! Il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu. C'est pourquoi, qui résiste à la puissance, résiste à l'ordre de Dieu. Or, ceux qui résistent attirent sur eux-mêmes la condamnation. L'Église reconnaît utilement et sagement que l'inégalité existe entre les hommes et que cette inégalité existe même dans la possession des biens ; elle ordonne que le droit de propriété et de domaine soit maintenu intact et inviolable. Elle ne néglige pas pour cela, en bonne mère le soin des pauvres et elle les prend sous tutelle. De plus, elle fait un strict devoir aux riches de donner leur superflu aux pauvres. Qui ne voit que c 'est là le meilleur moyen d 'apaiser l'antique conflit soulevé entre les pauvres et les riches pour détourner le fléau du socialisme ! »
Cette encyclique interne en avant-propos de la doctrine sociale de l'Église est édifiante tant par sa forme que sur le fond. Édifiante aussi quant à la réalité de ses objectifs idéologiques. Rappelons rapidement ses 5 principes intangibles :
- Seule l'Église peut s 'opposer aux révolutions.
- La propriété privée des moyens de production et l'inégalité sociale sont d'ordre naturel et divin.
- Pas de salaires trop élevés, interdiction de faire grève, pas d'impôt sur le capital.
- Promouvoir l'alliance du travail et du capital par la notion de communauté d'intérêts.
- Se doter d'instruments de conquête de la classe ouvrière et instaurer les corps intermédiaires avec la création d'un syndicalisme chrétien.
Alors ... souhaitons que les Léon ne se ressemblent pas trop tout de même !! Soyons fiers d'être révolutionnaires, communistes, marxistes, léninistes, pour transformer le monde. Chacun est libre de croire en un dieu quel qu'il soit, d'en douter ou de ne pas y croire. « Le libre développement de chacun, c'est un objectif essentiel du communisme », comme le rappelle Yvon Quiniou, philosophe, en citant Marx et Engels.
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