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Alors que la situation à Gaza n’a de cesse d’empirer et que la communauté internationale condamne de plus en plus les massacres perpétrés par le gouvernement israélien, Benyamin Netanyahou a trouvé le moyen de détourner l’attention : bombarder l’Iran.
Les yeux du monde sont désormais braqués sur Téhéran, sous les bombes israéliennes, mais pendant ce temps là les Gazaouis meurent toujours.
La catastrophe continue à Gaza :
Mercredi 11 juin dernier, des tirs israéliens ont fait une trentaine de morts et 200 blessés près d’un centre d’aide humanitaire, ce mardi 17 juin des tirs israélien près d’un centre de distribution alimentaires ont également causé la mort de 50 personnes. Les bombardements ne cessent pas. Le taux de malnutrition chez les enfants a ainsi bondi de « 172 % au premier trimestre de 2025 » par rapport à la même période l’an dernier. Pour couronner le tout, vendredi 2 mai un bateau de l’ONG la Flottille de la liberté transportant des vivres pour les Gazaouis a été attaqué par des drones israéliens. Un Gazaoui sur cinq risque de mourir de faim dans les prochains mois, y compris des dizaines de milliers d’enfants. Plus de 2 700 enfants de moins de 5 ans ont été diagnostiqués comme souffrant d’une malnutrition aiguë à Gaza, selon l’UNRWA, tandis qu’il n’y a qu’un seul point médical partiellement fonctionnel dans le nord de Gaza.
Un mouvement de solidarité qui s’amplifie
De plus en plus de prises de paroles et d’initiatives ont lieu pour dénoncer cette situation insupportable, malheureusement elles sont réprimées de manière virulente par le gouvernement israélien. Nous pouvons en citer plusieurs comme la Flottille pour la liberté, arrêtée dans les eaux internationales par l’armée israélienne, ce qui est illégal, puis vidée de ses occupants qui ont été retenus de force et traités comme des criminels. Même résultat pour la Caravane de solidarité avec Gaza, baptisée Soumoud, qui a été bloquée avant d’arriver à destination.
Néanmoins, la multiplication d’initiatives et de condamnations reste une bonne nouvelle. Le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien doit s’élargir. À Genève, lors de la 113e session de la Conférence internationale du Travail, les membres ont voté largement en faveur d’un statut d’État observateur non-membre pour la Palestine. Une nouvelle victoire diplomatique. Là encore, citons l’initiative historique prise par le PCF en lien avec l’OLP pour lancer l’alliance pour les droits du peuple Palestinien.
En France les manifestations continuent, c’était le cas à Troyes le 14 juin dernier où plus de 150 personnes étaient présentes pour exiger un cessez-le-feu à Gaza et en solidarité avec le peuple palestinien. À Romilly le rassemblement se tient ce samedi 21 juin à 14h devant la gare.
Netanyahou fait diversion
Alors que de plus en plus de voix se font entendre et qu’allait se tenir le sommet de l’ONU à New York avec, notamment, la question de la reconnaissance de l’État Palestinien, le premier ministre israélien a décidé de bombarder l’Iran. Ce qui était apparemment prévu depuis des mois.
Pourquoi maintenant ? C’est en Occident que le gouvernement israélien peut compter sur ses plus fidèles soutiens, mais ce soutien s’est amoindri étant donné le génocide à Gaza, il est donc très probable qu’en attaquant l’Iran, ennemi commun possédant l’arme nucléaire, cela permette de ressouder les choses. Une sorte d’union sacrée à laquelle doit rêver Netanyahou. Il joue d’ailleurs sur cette corde sensible en argumentant autour du fait que l’Iran est un danger pour la sécurité d'Israël, en lien avec son arsenal nucléaire, et même un danger tout court.
Force est de constater que cela fonctionne en partie ! La réunion du G7 le prouve puisque la plupart des grandes puissances présentes ont légitimé « l’attaque préventive d'Israël » alors que, rappelons-le, cette notion n’existe nulle part dans le droit international et n’est pas de la légitime défense.
D’ailleurs, quand Georges Bush avait utilisé cet argument en 2003 pour attaquer l'Irak, cela avait été vivement condamné par de nombreux pays dont la France…
Le pays agresseur devient donc l’agressé par un habile retournement de situation. Évidemment, l’Iran a riposté par des tirs de missiles en pleine ville de Tel Aviv faisant des morts parmi les civils, l’escalade de la violence risque malheureusement de prendre de l’ampleur. C’est ce que souhaite le premier ministre de l'État hébreu, il en a besoin : susciter la peur et engendrer la violence lui permet de se maintenir au pouvoir. Du moins c’est ce qu’il croit.
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