
Industrie
Le 9 mai dernier, suite à son échange avec Denis Arnoult, PDG de l’entreprise France Teinture et président de l’Union des industries textiles (UIT) Champagne-Ardenne, François Baroin a rédigé un courrier au ministre de l’Économie Eric Lombard pour l’interpeller sur la situation « extrêmement critique de l’industrie textile » dans notre département. Après avoir été ministre lui-même pendant des années et député, il serait en effet temps de s’indigner.
Un courrier qui ose tout
La situation prêterait presque à sourire si elle n’était pas si catastrophique. Il est de bon ton de se demander qui François Baroin peut berner avec un tel courrier. Rappelons tout de même que François Baroin a été député plusieurs mandats, il a été ministre de l’Économie et du Budget sous Nicolas Sarkozy. Autant de positions où il était fortement possible d’agir ou de peser dans les décisions en faveur de la réindustrialisation de notre pays et, en l’occurrence, de notre département.
Mais Monsieur le Maire n’a rien fait de tel, il a même fait le contraire, en validant et en mettant en oeuvre toutes les politiques austéritaires décidées avec ses collègues de droite.
François Baroin conclut son courrier en demandant une audience au ministre afin de trouver des solutions ensemble pour soutenir la filière textile française qui « fait la fierté de la France ».
Il insiste beaucoup sur l’impact néfaste de la fast fashion qui, effectivement, participe à torpiller notre industrie. Néanmoins, rappelons également à Monsieur Baroin que le problème de l’industrie textile ne date pas de la création de SHEIN. Elle commence au début de la politique de casse industrielle et de délocalisation de la production, pour embaucher de la main d'oeuvre à bas coût tout en laissant les salariés français sur le carreau. Sur cette question, François Baroin a en effet toute sa part de responsabilité et depuis des années. Que ce soit sur le textile ou sur l’industrie en général, les communistes de l’Aube l’ont toujours interpellé.
La mémoire courte
Nous proposons de rafraîchir la mémoire du maire de Troyes concernant les délocalisations avec notamment le dossier Sodimédical. En effet en 2011/2012 les salariés de Sodimédical ont été privés de salaires par le groupe Lohmann et Rauscher, qui a délocalisé la production en Chine. Une situation, au plan social et humain, révoltante et scandaleuse qui était emblématique de la nocivité de la politique de Nicolas Sarkozy et de l’un de ses meilleurs élèves : je vous le donne en mille, François Baroin.
Les communistes de l’Aube ont été fortement mobilisés aux côtés des salariés et des syndicats sur le dossier. Pierre Mathieu, à l’époque candidat aux élections législatives sur la 3eme circonscription de l’Aube, avait d’ailleurs interpellé Monsieur Baroin à plusieurs reprises sans obtenir de réponse.
L’exemple du Coq Sportif
L’annonce du placement en redressement judiciaire du Coq Sportif a fait l’effet d’une bombe dans notre département et plus largement dans notre pays tant cette marque est emblématique.
Malgré cela, les réactions des responsables politiques locaux, à part les élus communistes, sont clairement en dessous des enjeux. En effet, interpeller le ministre de l’Économie sur le sujet, pourquoi pas, mais peut être faut-il pointer le fait que le fonds de pension suisse Airesis s’est gavé d’aides publiques, qu’elles soient locales ou nationales.
Comment en arrive t-on à de telles situations alors que ces entreprises sont abreuvées avec l’argent des Françaises et des Français ? Il serait intéressant que François Baroin nous donne son opinion sur cette question. Par ailleurs, il est indispensable d’exiger un contrôle de l’utilisation de ces fonds publics.
Deux repreneurs seraient intéressés, dont Xavier Niel, espérons que si le projet aboutit, les mêmes erreurs du passé ne seront pas reproduites.
François Baroin interpelle le ministre sur les conséquences dramatiques qu’aurait la liquidation judiciaire sur les emplois directs et indirects. C’est certain, mais interpeller tardivement ne suffit pas ; agir, quand il était ministre, contre les délocalisations, contre les plans de licenciements et enfin pour que les salariés disposent de droits et pouvoirs nouveaux, voilà qui aurait été utile. Les paroles s‘envolent, les actes restent.
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