LA CONSÉQUENCE DE LA CASSE DE NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ
Rassemblement contre la fermeture de la maternité de Romilly en 2023

LA CONSÉQUENCE DE LA CASSE DE NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ

24 avril 2025
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Mortalité infantile en hausse en France

Selon l’INSEE, la France est un des pires élèves d’Europe en matière de santé des nourrissons : 1 enfant sur 250 meurt avant ses 1 an en France. La Dépêche de l’Aube s’est intéressée au pourquoi de ces résultats.

Mauvaise élève de l’UE

La France recule et se trouve désormais à la 23ème place sur 27… Au même niveau que la Bulgarie, la Pologne ou encore la Croatie pourtant bien plus pauvres. En France c’est 4,1 bébés perdus pour 1000 naissances vivantes, chaque année. Soit environ 2 800 décès en moyenne.

Les pistes d’explications sont nombreuses et nous allons nous attacher à en expliquer quelques unes ici, néanmoins certains outils manquent en France qui permettraient d’avoir des explications et une analyse plus fine. En effet, contrairement à la Suède (qui affiche un taux de mortalité infantile deux fois inférieur à nous) la France ne s’est pas dotée d’un registre des naissances qui permettrait d’avoir des données périnatales centralisées. Mais sans surprise, le premier responsable de ce taux si élevé c’est la dégradation de notre système de santé.

Faire des économies sur le système de santé tue

En 50 ans les 3/4 des maternités françaises ont fermé, de 1369 maternités publiques dans les années 1970, nous en comptons 457 aujourd’hui, et sur les restantes une grande partie d’entre elles est encore menacée de fermeture.

La dangerosité des petites maternités, qui justifie leur fermeture depuis des décennies, n’est pas prouvée. En revanche, les conséquences parfois dramatiques de leurs disparitions pour les futures mamans ne font aucun doute.

Quelque 900 000 femmes en âge de procréer vivent à plus de trente minutes d’une maternité. Or, d’après une étude, un trajet supérieur à quarante-cinq minutes double le taux de mortalité périnatale (c’est-àdire le risque que le bébé naisse sans vie ou meure dans la première semaine de son existence).

Les départements ruraux sont les plus touchés, mais pas que, certains départements n’ont qu’une seule maternité ce qui oblige certaines femmes à aller accoucher dans le département d’à côté.

Malheureusement la tendance n’est pas près de s’inverser, les petites maternités pratiquant moins de 300 accouchements par an sont jugées dangereuses et fermées au profit de grosses maternités qui pratiquent plus souvent. Malheureusement, les usines à bébé ne sont pas épargnées par le manque de personnel et, confrontées à une hausse des besoins, elles fonctionnent à flux tendu, au détriment du suivi de proximité qu’espèrent trouver les futures mères.

Le manque de personnel est criant, notamment au niveau des sages femmes qui sont de moins en moins à vouloir travailler dans des conditions si dégradées. Il en est de même pour les gynécologues ou encore les anesthésistes, ce qui entraine un recours de plus en plus fort à l’intérim. C’est un problème financier puisque les intérimaires coûtent extrêmement cher et ensuite cela se fait au détriment de la continuité de soin.

Et dans l’Aube ?

Le taux de mortalité infantile dans notre département est de 3,7 pour 1000. En dessous de la moyenne nationale. Cela reste tout de même très élevé et malheureusement si les politiques de casse de services publics continuent le chiffre va empirer. L’Aube est reconnue comme désert médical, cela devient de plus en plus compliqué de s’y soigner mais nous disposons encore de maternités de proximité. C’est le cas à Romilly mais elle a été menacée de fermeture en 2023, elle est fort heureusement toujours là notamment grâce à la mobilisation des personnels et de la population. Les communistes romillons ont d’ailleurs été présents et au coeur de cette bataille.

En 2023, la maternité de Romilly a pratiqué 348 accouchements. Elle fait partie des maternités qui sont donc dans le viseur ! D’autant plus que le recours à l’intérim pour les médecins y est très fort, les anesthésistes sont d’ailleurs mutualisés avec la clinique privée Pays de Seine.

Sa fermeture forcerait les futures mamans du bassin de vie à faire plus de 40 kms pour aller accoucher ce qui engendrerait des mises en danger. Encore une fois tout est une question de choix politiques : faire de notre système de santé une priorité c’est possible !

Les communistes portent tant nationalement que localement des propositions ambitieuses et réalisables : la création de 100 000 emplois dans la fonction publique hospitalière, avoir un hôpital de proximité à moins de 30 minutes de son domicile et reconstruire notre hôpital public au lieu de financier du privé afin de garantir l’accès aux soins à toutes et tous.

 

 

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