
Réforme des retraites
La Cour des comptes a rendu un rapport alarmant concernant nos retraites. « Les perspectives sont préoccupantes malgré la réforme de 2023 » voilà comment débute le document.
Dès 2025, le déficit (tous régimes compris) devrait atteindre 6,6 milliards d’euros, puis se stabiliser autour de ce montant jusque vers 2030, en raison notamment de la montée en puissance de la réforme de 2023 (recul de l’âge légal de 62 à 64 ans). « Le déficit devrait ensuite se dégrader continûment et atteindre près de 15 milliards en 2035, puis autour de 30 milliards en 2045 », alerte la Cour.
En revanche les théories farfelues et complotistes de notre premier ministre n’ont pas été confirmées par la cour des comptes. François Bayrou avait pourtant déclaré lors de son rapport de politique générale qu’il y aurait un « déficit caché » régimes de retraite publics. Ces derniers sont annoncés comme à l’équilibre mais selon lui un « déficit abyssal » serait compensé par des sur-cotisations de l’État. Or, cette théorie fumeuse n’a pas été retenue par la cour.
Les raisons invoquées par la Cour des comptes concernant le déficit sont les suivants : situation démographique, aggravation de la situation économique et « risque maintenu du chômage ». Elle se fonde sur un scénario de croissance de la productivité plafonnée à 0,7 % par an, là où le COR travaillait, au moins jusqu’en 2024, sur quatre scénarios (de 0,7 % à 1,6 %).
De même, la Cour part du principe que le taux de chômage se stabilisera à 7 %, contrairement aux prévisions exagérément optimistes du COR d’un taux de 5 %, contraint de se calquer sur la trajectoire farfelue du gouvernement Borne pour faire passer sa réforme des 64 ans.
Mais la Cour des comptes ne s’arrête pas à un simple constat, elle dresse des perspectives et c’est là que le bas blesse puisque son impartialité est plus que contestable.
Les syndicats unis contre la réforme de 2023
En effet, le rapport de la Cour ne se contente pas de présenter sur un pied d’égalité les différentes pistes pour rééquilibrer les comptes. Il y a celles qu’il présente sous un jour positif (le recul de l’âge légal ou l’allongement de la durée de cotisation), en chiffrant les économies réalisées mais sans jamais s’intéresser aux possibles effets pervers, notamment sur le plan social.
Et il y a également les pistes de solutions que le rapport diabolise comme par exemple la hausse des cotisations patronales de 7 milliards d’euros, soit 0,2 point de PIB. La Cour des comptes explique que cette solution engendrerait des licenciements, la preuve de l’orientation libérale de ce rapport.
Le fameux « conclave » de Bayrou selon ses propres mots s’est ouvert ce jeudi 27 février. Les syndicats sont unis contre la réforme de 2023, sans pour autant être dupes de cette grande messe organisée par le gouvernement. Sophie Binet, Secrétaire générale de la CGT, a redit sa volonté « d’abroger cette réforme injuste et violente ». Affaire à suivre...
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