

Le Coq Sportif hors-jeu. L'équipementier français est en redressement judiciaire et doit trouver une solution pour éviter la faillite. On sentait venir le vent mauvais puisqu’avant les Jeux olympiques, la société suisse Airesis, maison mère, n'avait pas publié ses résultats 2023 et avait été suspendue à la bourse de Zürich. Les JO ont sauvé Le Coq Sportif et l'ont fait plonger en même temps. La parenthèse des Jeux est fermée et maintenant c’est l’usine de Romilly qui risque de fermer. En décembre 2024, le maire de Romilly-sur-Seine, après des sinuosités lénifiantes sur l’avenir de l’usine, - mais pour l’heure frappées du sceau du secret -, questionné sur les finances d’Airesis, répondait : « je ne connais pas leur position exacte ». Fâcheux. Éclairons sa lanterne vacillante. Pour remplir ses engagements pour les JO, Le Coq n’a pas été shooté aux hormones mais aux emprunts.
Prêt garanti de l’État de 20 millions d’euros en 2020 puis une rallonge de 10 millions en 2023 pour éviter un dépôt de bilan (déjà !). Prêt de 2,9 millions du Comité d’organisation en mai 2024 pour fabriquer les tenues et un autre, en juillet 2024, de la Banque Publique d’Investissement de 12,5 millions. 45,4 millions d’euros au total, auxquels s’ajoutent la commune et la Communauté de communes qui ont ouvert sans barguigner leurs porte-monnaie en peau de hérisson (sur d’autres projets) pour le retour à la basse-cour. Y compris des « remises grâcieuses » de loyers. Dès l’annonce de la migration vers Romilly, faut-il le rappeler, les communistes ont alerté sur l’opacité fumeuse de la holding Airesis. Qui peut croire que le maire ignore ces informations ? Dans son jeu de passe-passe où la transparence n’est ni faite, ni même voulue, au profit d'effets d’annonce fumigènes, il a endossé une lourde responsabilité quant à l’avenir de l’usine et des salariés. Pas de quoi faire cocorico.
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